01 / L’ESSENTIEL
Qu’est-ce qui fait fonctionner seoi-nage ?
Seoi-nage est une projection vers l’avant par-dessus l’épaule : tori tourne pour entrer, colle uke contre son dos et son épaule, puis le projette par-dessus l’épaule. Elle appartient aux te-waza, les techniques de bras. La description de l’IJF, dans son exemple à droite, mentionne un déséquilibre vers l’avant ou l’avant droit et un bras droit fléchi qui vient se placer sous l’aisselle droite de uke.
À l’entraînement, la vraie question est de savoir si uke accompagne votre rotation. Vous pouvez tourner très vite et pourtant laisser votre partenaire bien en équilibre derrière vous. Aller plus vite ne suffira pas forcément à supprimer cet écart.
Noms que vous pourrez rencontrer : seoi nage, seoi-nage et morote-seoi-nage. Les deux premiers ne diffèrent que par l’orthographe ; le troisième désigne couramment la forme à deux mains, manche et revers. En français, on parle volontiers de « projection d’épaule », mais l’appellation est trompeuse si on la prend au pied de la lettre : uke est chargé sur le dos autant que sur l’épaule, et l’épaule seule ne le soulève pas.
À qui s’adresse ce guide : aux judoka qui pratiquent déjà les projections et les ukemi (chutes) sous l’encadrement d’un professeur. Les débutants peuvent s’appuyer sur les définitions et les vidéos pour mieux comprendre un cours, mais un texte ne remplace pas une première leçon de projection. Les pratiquants plus expérimentés peuvent aller directement aux parties consacrées aux blocages ou à la compétition. Ni votre taille ni la couleur de votre ceinture ne décident à elles seules si seoi-nage devrait devenir votre tokui-waza, votre technique spéciale.
02 / VOIR LA TECHNIQUE
Commencez par la démonstration officielle
Ouvrir la vidéo officielle sur YouTube si le lecteur ne s’affiche pas.
Regardez une première fois l’action dans son ensemble. Au deuxième visionnage, suivez la main qui tient la manche, la relation entre les deux corps pendant la rotation et la direction de la finalisation. Ce sont des pistes d’observation, pas une invitation à copier au centimètre près la garde d’un démonstrateur.
Une référence pédagogique en anglais
Ouvrir le tutoriel (en anglais) sur YouTube. Référence pédagogique indépendante, distincte de la démonstration officielle.
Comparez cette entrée avec votre version habituelle. Repérez une différence de saisie, de distance ou de déplacement avant de décider si un conseil s’applique à votre cas.
Pour aller plus loin, avec un objectif
- Efficient Judo : préparations (en anglais) et enchaînements après l’attaque : observez ce qui se passe avant et après l’attaque principale.
- Kodokan : séance de seoi-nage avec Tadahiro Nomura : un cours plus long, en japonais, pour approfondir.
Regardez trois choses différentes
- Premier passage : identifier la forme. L’attaquant utilise-t-il la même saisie et la même action debout que cet article, ou une forme à un bras, ou encore une forme où il tombe sur les genoux ?
- Deuxième passage : repérer la connexion. Suivez la manche et l’espace entre les deux corps pendant la rotation. Servez-vous de la pause et du retour en arrière ; une vue de face peut masquer le bras du revers.
- Troisième passage : choisir une seule question. Par exemple : « Ma main de manche s’arrête-t-elle pendant que mes pieds continuent de tourner ? » Emportez cette question pour l’appliquer à vos propres vidéos d’entraînement.
Servez-vous des démonstrations pour voir clairement l’action, des vidéos pédagogiques pour les explications, et des images de compétition pour étudier les décisions face à un adversaire qui résiste. Ces sources répondent à des questions différentes. Une variante qui a réussi en compétition ne fait pas de chacun de ses détails une consigne adaptée à un débutant.
03 / QUAND L’UTILISER
Quand faut-il attaquer ?
Cherchez une saisie exploitable, de l’espace pour tourner et un moment où le déplacement de uke peut être amené vers l’avant. Un partenaire qui avance peut vous offrir ce moment, mais le fait qu’il avance ne signifie pas que la projection est prête : un bras raide ou une mauvaise distance peut encore bloquer l’entrée.
Ai-yotsu (garde emboîtée) : les deux partenaires sont en garde du même côté. Commencez par reconnaître la relation manche-revers que vous utilisez dans votre travail de base. Kenka-yotsu (garde opposée) : les partenaires ne sont pas en garde du même côté. Les bras avant et l’espace entre vous changent ; ne partez pas du principe que la même approche vous amènera au même endroit. Travaillez l’approche avant d’ajouter de la vitesse.
Si uke recule les hanches et que vous n’arrivez pas à entraîner le haut de son corps avec vous, tourner encore et encore plus fort ne vous apprend pas grand-chose. Reprenez la saisie, créez un autre déplacement ou utilisez une autre attaque convenue. Le guide sur le travail du kumikata aide à distinguer un problème de saisie d’un problème d’entrée.
Trois situations à distinguer à l’entraînement
Uke avance vers votre saisie déjà installée
L’occasion naît de la combinaison entre ce rapprochement et la connexion. Commencez par un exercice en déplacement où l’avancée est prévisible. Observez si vous entrez pendant que la distance est encore exploitable, ou si vous attendez que uke vienne encombrer votre rotation. Ce que vous observez, c’est le moment choisi par rapport à son pas, pas une consigne d’attaquer à chaque pas en avant.
Uke recule sous votre pression
Un partenaire qui recule peut mettre votre entrée hors de portée. Suivez son déplacement sans tendre aveuglément le haut du corps vers lui, et reconstruisez la distance. Une attaque de jambe peut parfois provoquer une autre réaction de rééquilibrage ; servez-vous de la partie consacrée aux enchaînements pour apprendre à reconnaître cette réaction, plutôt que de courir après la même entrée d’un bout à l’autre du tatami.
Uke bloque bras tendu ou tourne autour de vous
Séparez la barrière du bras de l’angle qui change. Si le bras empêche le contact, votre première tâche consiste peut-être à ajuster la saisie. Si uke tourne autour de vous, l’angle peut disparaître pendant que vous préparez une entrée familière. Donnez à chaque problème son propre exercice en déplacement pour savoir quel changement est réellement utile.
En garde opposée, notez qui a quel pied devant et quel bras occupe l’espace dont vous avez besoin. La question posée au professeur devient alors précise : « Mon bras de revers est bloqué avant que je tourne, dans cette configuration gauche contre droite » en dit beaucoup plus que « Seoi ne passe pas contre les gauchers ».
04 / COMMENT ÇA MARCHE
L’entrée : quatre éléments à relier
Servez-vous de kuzushi (déséquilibre), tsukuri (placement) et kake (exécution) pour analyser le mouvement. Dans une projection qui fonctionne, ces trois phases s’enchaînent sans rupture ; n’introduisez pas une pause entre chaque étiquette.
Amener uke dans la rotation
Dans la forme de base à droite, orientez le mouvement vers l’avant de uke ou vers son coin avant droit. Gardez la manche active pendant que vous tournez. Vérifiez si le haut du corps de uke voyage avec vous ou s’il reste en arrière pendant que vos pieds terminent l’entrée.
Tourner assez près pour charger
Pour la projection à droite, tournez vers la gauche et amenez votre dos au contact de uke, assez près pour pouvoir le charger. Répétez d’abord lentement le placement des pieds enseigné par votre professeur. Un grand écart rend la connexion difficile ; à l’inverse, un premier pas trop collé peut ne plus laisser la place de finir la rotation.
Placer le bras sans le forcer
Le bras du revers se plie et vient se loger sous l’aisselle droite de uke pendant que la manche reste contrôlée. Ne forcez pas le coude en place contre une saisie qui le bloque. Si votre poignet, votre coude ou votre épaule vous fait mal, arrêtez cette répétition et faites vérifier la saisie et l’entrée.
Charger jusqu’au bout de la projection
Terminez la projection par-dessus l’épaule en gardant le contrôle de uke. Vous pencher en avant avant que les deux corps soient connectés peut vous laisser plié en deux sous un partenaire encore debout. Travaillez la finalisation sur un tatami adapté, avec un partenaire capable de chuter.
Jusqu’où devriez-vous descendre ?
Dans la forme debout, la flexion des genoux vous aide à passer sous uke tout en gardant des appuis exploitables. Le but est d’atteindre une position depuis laquelle vous pouvez charger et tourner, pas de descendre le plus bas possible. Vérifiez que vos pieds vous soutiennent pendant toute l’entrée et que vous pouvez continuer sans devoir d’abord produire un soulevé séparé et forcé. La taille du partenaire et l’entrée choisie modifient le placement ; demandez à votre professeur d’évaluer l’action dans son ensemble plutôt que de copier un angle vu sur une photo.
Restez précis : « Ma saisie de manche s’est ouverte avant que je tourne » est plus utile que « Mon kuzushi est mauvais ». Pour le cadre général, lisez kuzushi, tsukuri et kake dans la pratique.
Relier les mains, les pieds et le corps
La main de manche, hikite (la main qui tire), et la main de revers, tsurite (la main qui soulève), n’ont pas le même rôle, mais aucune ne travaille isolément. La connexion par la manche vous aide à amener le haut du corps de uke dans la rotation ; le bras du revers, fléchi, doit trouver sa place à mesure que votre corps change de position. Si vos pieds filent devant alors que les mains restent à leur place de départ, vous pouvez finir votre rotation sans avoir emmené uke.
Observez l’entrée de profil autant que de face. Cherchez des appuis solides sous votre propre corps, de la place pour le bras du revers et un contact qui se construit pendant la rotation. Ne réduisez pas la technique à un angle de pied fixe ou à un nombre de centimètres universel entre les pieds. Une correction utile devrait modifier la relation entre les deux partenaires, pas seulement faire ressembler votre posture en solo à une photo.
05 / POINTS CLÉS
Cinq points clés que vous pouvez vraiment vérifier
Choisissez un seul repère par série de répétitions. Utilisez la vérification associée pour décider si ce repère vous a aidé ; ne vous notez pas sur les cinq points à chaque entrée.
Obtenir une connexion utile avant de chercher la vitesse
À vérifier : arrivez-vous à garder la manche en vous déplaçant jusqu’à votre distance de départ ? Si la saisie lâche avant la rotation, travaillez d’abord à l’obtenir et à la conserver. Tourner plus vite ne compense pas une connexion absente.
Déplacer uke, pas seulement vos pieds
À vérifier : revoyez le début de l’entrée. Le haut du corps de uke change-t-il de position avec le vôtre, ou tournez-vous le dos à un partenaire resté droit et à distance ? Demandez à uke à quel moment il commence à sentir le mouvement.
Faire de la place au bras du revers
À vérifier : le coude peut-il se placer sans que le poignet soit forcé dans une position douloureuse ? Ajustez ensemble la saisie et la distance, sous le regard du professeur, plutôt que d’utiliser le coude comme un levier qu’on force en place.
Garder des appuis qui permettent de finir
À vérifier : devez-vous faire un pas supplémentaire pour vous rééquilibrer, ou un effort de soulevé séparé une fois placé ? Revoyez ensemble les pieds, la flexion des genoux et le moment de l’entrée. Une entrée plus basse n’est utile que si vous pouvez continuer à partir de cette position.
Finir avec contrôle, puis reconnaître la position suivante
À vérifier : gardez-vous un contact utile au moment où uke chute, et savez-vous où se trouvent les deux partenaires ensuite ? Terminez chaque répétition coopérative dans une position contrôlée, au lieu de lâcher simplement parce que la projection a eu lieu.
06 / BLOCAGES ET CORRECTIONS
Pourquoi votre seoi-nage se bloque-t-il ?
Cherchez la première rupture visible. Les pistes ci-dessous sont des hypothèses à tester, pas des diagnostics tirés du seul résultat. Filmez l’approche autant que la projection, avec les pieds des deux partenaires dans le cadre.
« Je tourne, mais uke reste derrière moi. »
À vérifier : la connexion par la manche disparaît-elle avant que votre dos arrive au contact ? Reste-t-il un grand écart à la fin de la rotation ?
À essayer : revenez à des entrées en déplacement, maîtrisées. Gardez la même saisie et comparez une distance de départ confortable avec votre distance habituelle. Demandez à votre partenaire à quel moment il se sent relié à votre rotation ; ne lui demandez pas de sauter sur votre dos pour que ça marche.
« Je passe dessous, puis je me plie en avant. »
À vérifier : vous êtes-vous cassé au niveau de la taille avant que uke bouge avec vous ? Vos pieds se sont-ils arrêtés pendant que le haut du corps continuait de tourner ?
À essayer : ralentissez l’approche et faites vérifier la position par votre professeur avant d’ajouter la finalisation. Changez un seul paramètre, la distance par exemple, plutôt que de tirer plus fort et de descendre plus bas en même temps.
« Ça passe en uchi-komi, jamais en randori. »
À vérifier : arrivez-vous à obtenir la même saisie face à un partenaire qui bouge ? Uke réagit-il avant que vous commenciez à tourner ? Des répétitions coopératives, comme l’uchi-komi (répétitions d’entrées), ne testent pas ces décisions.
À essayer : pendant un exercice en déplacement, laissez uke choisir entre deux réactions convenues à l’avance. N’entrez que sur la réaction que vous apprenez à reconnaître. Décider à juste titre de reprendre la garde fait aussi partie du travail.
« Mon bras de revers reste coincé. »
À vérifier : la hauteur de la saisie, la position du poignet et la distance au moment où vous essayez de placer le bras. Voir que le bras bloque ne permet pas de savoir lequel de ces facteurs est en cause.
À essayer : demandez à votre professeur d’ajuster la saisie et l’entrée ensemble, à vitesse lente. Arrêtez si vous avez mal. Ne forcez pas l’articulation et ne copiez pas une autre saisie vue dans une compilation vidéo pour contourner la douleur.
« Uke passe toujours par l’extérieur. »
À vérifier : l’écart apparaît-il avant la rotation, ou uke contourne-t-il votre entrée une fois que vous êtes placé ? Regardez la manche et les pieds des deux partenaires, pas seulement la chute.
À essayer : demandez à uke de produire ce déplacement lentement, dans un exercice limité à l’entrée. Comparez une entrée plus précoce avec une reconstruction préalable de l’angle. Arrêtez la répétition dès que vous perdez la position ; ne cherchez pas à finir à tout prix en vrillant un genou dont le pied est bloqué au sol.
« Ça ne marche que sur un seul partenaire. »
À vérifier : qu’est-ce qui change avec un deuxième partenaire : la taille, la garde, la saisie, la résistance ou sa façon de chuter ? Un partenaire coopératif vous fournit peut-être un mouvement que vous n’avez pas encore appris à créer.
À essayer : gardez une tâche et une résistance similaires en changeant de partenaire. Notez quelle condition de départ change. C’est une comparaison plus juste que de mettre sur le même plan une tentative ratée en opposition et une répétition coopérative réussie.
07 / PRÉPARATIONS ET ENCHAÎNEMENTS
Préparations et enchaînements : suivre la réaction
Un enchaînement ne se résume pas à deux noms de techniques compatibles. Notez la saisie de départ, la première attaque, la réaction réelle de uke et l’ouverture qui suit. Les exemples ci-dessous sont des idées d’entraînement conditionnelles, à adapter avec votre professeur ; ce ne sont ni des séquences garanties ni la description de chaque vidéo citée.
VERS SEOI-NAGE
Ko-uchi-gari → seoi-nage
Partez d’une saisie manche-revers qui permet les deux attaques. Une tentative de ko-uchi-gari (petit fauchage intérieur) peut provoquer un pas ou un rééquilibrage qui ramène uke vers l’avant. Si cette réaction met le haut de son corps à votre portée alors que vous tenez toujours la manche, travaillez la rotation en seoi-nage.
Ne forcez pas la deuxième attaque : si uke recule hors de portée ou si la saisie lâche, reprenez la garde. Répétez d’abord en coopération la réaction de pas et de rééquilibrage ; ensuite, laissez uke choisir une autre réaction pour que vous deviez reconnaître l’occasion.
APRÈS UN SEOI-NAGE BLOQUÉ
Seoi-nage → ko-uchi-gari
Si uke se raidit contre l’attaque vers l’avant et que votre posture et votre saisie restent exploitables, une attaque vers l’arrière peut devenir possible. Retrouvez une position de face utilisable et identifiez le pied que vous pouvez réellement atteindre. C’est une situation différente de celle où vous êtes plié en deux, le dos exposé.
Ne forcez pas la deuxième attaque : le nom « ko-uchi-gari » ne justifie pas d’aller crocheter une jambe à l’aveugle. Faites d’abord valider le rétablissement et le placement du pied par votre professeur avant d’ajouter de la résistance.
Dans les deux cas, comptez séparément les occasions reconnues et les projections abouties. Sinon, un partenaire coopératif peut donner l’impression qu’un enchaînement est fiable avant même que vous ayez appris quand le choisir. Utilisez la fiche de carte des waza pour noter la réaction entre les deux attaques.
Choisir l’action suivante d’après ce qui reste
Après la première attaque, vérifiez trois choses : la saisie, la posture et la distance. Si vous avez les trois, travaillez l’enchaînement convenu. Si vous gardez la saisie mais perdez la posture, rétablissez-vous avant de choisir une autre projection. Si l’échange se poursuit au sol, passez à une tâche de position au lieu de forcer l’enchaînement debout. Reprendre la garde fait partie de l’arbre de décision.
N’appelez pas ko-uchi-gari toute continuation vers l’arrière. Une action en sacrifice où vous enroulez uke peut correspondre à une autre technique, comme ko-uchi-makikomi, avec d’autres exigences de contrôle. Appuyez-vous sur la liste des noms officiels et sur la démonstration de votre professeur pour identifier l’action. Multiplier les branches nommées est moins utile que de faire fonctionner un seul couple avant/arrière dans des conditions clairement définies.
Format de travail : convenez d’abord de la réaction que uke va donner, puis répétez les deux actions sans vitesse. Ensuite, laissez uke choisir entre cette réaction et une autre qui ferme la deuxième attaque. Tori doit alors enchaîner ou reprendre la garde selon le cas. N’ajoutez une résistance libre que lorsque les deux partenaires ont bien compris quand l’exercice s’arrête.
08 / DÉFENSES ET CONTRE-PRISES
Défenses et contre-prises : qu’est-ce qui peut stopper l’entrée ?
Une défense empêche la projection ; une contre-prise utilise l’attaque pour se créer une occasion de marquer. Faites la différence lorsque vous analysez une vidéo. Le fait que uke reste debout ne prouve pas, à lui seul, qu’il a appliqué une contre-prise particulière.
Avant la rotation : priver tori d’une position de départ utile
Uke peut modifier la saisie, la distance ou l’angle avant que tori ne se place. En tant que tori, identifiez lequel de ces éléments a disparu en premier. En tant que uke, dans un exercice, proposez un seul comportement défensif convenu, plutôt que de cumuler en même temps résistance maximale à la saisie, changements de direction brusques et contre-prises.
Pendant l’entrée : empêcher tori de charger
Uke peut reculer les hanches ou contourner la rotation tout en restant en équilibre. Tori devrait remarquer si la connexion avec le haut du corps reste exploitable. Si son dos est exposé et son corps plié, forcer davantage la rotation peut aggraver la position. Travaillez la sortie de cette position comme une tâche à part entière.
Après une attaque ratée : reconnaître l’exposition à la contre-prise
Une attaque en rotation qui échoue peut laisser à uke le contrôle de l’échange. L’exemple de compétition présenté plus bas rapporte une contre-prise suivie d’une immobilisation après une tentative de seoi-nage. Son intérêt est l’avertissement qu’il donne sur la position et la continuité, pas une consigne universelle d’appliquer la même contre-prise dès que quelqu’un tourne.
Étudier la contre-prise : la base de données de l’IJF classe l’action retenue de Liparteliani contre Korrel en 2021 dans yoko-guruma. Commencez par identifier la position qui précède cette action. Apprenez son exécution séparément, avec un professeur qualifié ; n’improvisez pas un sacrifice sur le côté et ne bloquez pas la jambe d’appui d’un partenaire au cours d’une défense tardive.
Si vous êtes déjà en train d’être projeté et que vous ne pouvez pas retrouver votre équilibre sans danger, utilisez l’ukemi qu’on vous a enseigné. Poser un bras tendu au sol ou tenter une vrille jamais travaillée ne remplace pas une réponse défensive apprise.
09 / LIAISON AVEC LE NE-WAZA
Liaison debout-sol : trois fins différentes
L’attaque debout ne vous dit pas quelle technique de ne-waza (travail au sol) vient ensuite. Partez de la position réelle à la chute, des saisies qui restent et du fait que l’échange se poursuit ou non. En compétition, suivez les indications de l’arbitre ; à l’entraînement, convenez à l’avance si la répétition continue au sol.
Vous projetez et restez à côté de uke
Gardez un contrôle utile du haut du corps tout en stabilisant votre propre équilibre. Si uke est sur le dos ou sur le côté et que la position correspond à une immobilisation que vous connaissez, enchaînez sur cette immobilisation au lieu de vous écarter. Kesa-gatame ou yoko-shiho-gatame peuvent être des pistes d’étude depuis des positions adaptées, pas des destinations automatiques après chaque seoi-nage. Si les jambes de uke ou sa rotation empêchent l’immobilisation prévue, identifiez cet obstacle avant de changer de technique.
Uke se retourne face au tatami ou à quatre pattes
L’immobilisation prévue n’est peut-être plus possible. Gardez une position stable et cherchez une ouverture pour un retournement que vous connaissez déjà. Ne compensez pas l’absence de contrôle du bras et du tronc en tirant sur la tête ou en forçant sur la nuque. Travaillez d’abord le retournement à partir d’une position stabilisée, puis reliez-le à une projection maîtrisée lorsque les deux partenaires sont à l’aise avec la transition.
Votre propre attaque vous laisse à genoux
Vous avez maintenant un problème défensif à résoudre. Repérez les saisies de uke et protégez vos bras et votre nuque tout en gardant une base stable. Travaillez la remise sur pieds ou la sortie que votre professeur choisit à partir de cette position précise. Tourner sans cesse sous la pression sans savoir où se trouve uke peut vous exposer encore davantage.
Notez si vous avez reconnu la position et gardé le contrôle, pas seulement si l’immobilisation a fini par fonctionner. Pour structurer ce travail, consultez le guide des exercices de ne-waza.
10 / PROGRESSION À L’ENTRAÎNEMENT
De l’uchi-komi à la décision en randori
Augmentez une seule difficulté à la fois : le déplacement, puis une réaction, puis la liberté. Il s’agit d’un cadre d’entraînement proposé par la rédaction, pas d’un calendrier figé. Restez à une étape tant que votre professeur et votre partenaire ne sont pas à l’aise avec le niveau de contrôle.
Se mettre d’accord sur une entrée
Utilisez une saisie familière et faites de l’uchi-komi coopératif, sans projeter. Concentrez-vous sur un seul repère : par exemple, garder la manche connectée pendant toute la rotation. Demandez à uke ce qui change d’une répétition à l’autre.
Ajouter le déplacement et la finalisation
Partez d’un sens de déplacement prévisible. Ajoutez du nage-komi (répétitions de projections) maîtrisé quand c’est approprié. Vérifiez que la connexion tient jusque dans la projection, au lieu de juger uniquement la chute finale.
Ajouter un choix
Uke avance dans l’occasion convenue ou garde sa distance. Tori choisit d’entrer ou de reprendre la garde. Commencez par les entrées seules ; ajoutez les projections lorsque l’exercice reste maîtrisé.
Tester en randori à thème
Convenez des attaques autorisées et du niveau de résistance. Cherchez la même occasion face à des déplacements moins prévisibles. Notez ce qui a empêché l’attaque, y compris le fait de ne pas avoir obtenu la saisie.
Revenez ensuite à cette idée en randori normal. Un randori à thème réussi ne prouve pas que la compétence se transfère à tous les partenaires. Comparez des séances aux conditions similaires et notez les changements de partenaire ou de résistance. Pour compléter, consultez le travail en uchi-komi et les objectifs de randori.
Une tâche concrète : entrer ou reprendre la garde
Avec la saisie convenue, uke choisit soit un pas en avant contrôlé, soit un pas en arrière. Tori essaie de reconnaître si la distance et la connexion permettent son entrée habituelle. Pendant la première série, on se limite aux entrées. Après une courte série, comparez vos choix ensemble : quelles entrées correspondaient à l’ouverture, lesquelles étaient forcées, quelles occasions sont passées inaperçues ? N’ajoutez la finalisation dans une série suivante que si votre professeur valide le niveau de contrôle. Uke propose une tâche d’apprentissage ; il n’essaie pas de surprendre tori avec une contre-prise imprévue.
11 / EXEMPLES EN COMPÉTITION
Exemples en compétition : une projection marquée et une attaque ratée
Étudiez les deux issues. Les faits ci-dessous proviennent de comptes rendus identifiés de l’IJF ; les questions de visionnage sont nos propres pistes d’observation. Elles ne prétendent pas qu’une saisie non visible ou un mouvement précis ait été vérifié sous tous les angles de caméra.
Exemple 1 : Abe contre García Torné, finale de Bakou 2026
Dans son compte rendu du 5 octobre 2026 sur la finale mondiale masculine des −66 kg, l’IJF rapporte que Hifumi Abe a battu David García Torné sur seoi-nage, pour ippon. L’article oppose cette finale décisive aux combats plus difficiles qu’Abe avait livrés auparavant. Il ne définit pas une saisie ou une entrée universelle que les lecteurs devraient copier.
Question d’étude : qu’est-ce qui devait être en place avant la finalisation de la projection ? Si vous revoyez l’enregistrement de l’événement, commencez avant la rotation et notez la relation manche-revers visible, les pieds avant et l’espace entre les deux corps. Comparez ces conditions avec la forme debout de cet article avant d’appliquer un repère. Ce résultat montre une utilisation réussie en compétition ; il ne dit rien du taux de réussite de la technique ni de la cause de cette réussite.
Exemple 2 : Korrel contre Liparteliani, combat pour le bronze en Hongrie 2021
Le compte rendu de l’IJF du 11 juin 2021 décrit une tentative ratée de seoi-nage de Michael Korrel, qui se retrouve à genoux, suivie d’une contre-prise de Varlam Liparteliani pour waza-ari, puis d’une immobilisation qui met fin au combat. La base de données technique de l’IJF classe leur affrontement de Hongrie 2021 sous le yoko-guruma de Liparteliani.
Ouvrir la vidéo officielle sur YouTube à 4:14. Ce repère correspond au minutage fourni par la base de l’IJF dans la vidéo, pas au chronomètre du combat. Revenez en arrière si vous voulez voir davantage l’approche.
Ce que le compte rendu établit : une attaque ratée s’est transformée en contre-prise, puis en immobilisation. Ce qu’il faut examiner dans la vidéo : qui contrôle le haut du corps après l’entrée, à quel moment la contre-prise devient possible, et si ce contrôle se prolonge jusqu’à l’immobilisation. Ne supposez pas que la contre-prise était possible avant que cette position particulière ne se mette en place.
Rédigez une note d’observation en trois lignes
- Avant : nommez les saisies visibles et le sens du déplacement ; indiquez « inconnu » pour les détails masqués.
- Pendant : repérez le premier instant où les partenaires se connectent ou se séparent.
- Après : notez la position à la chute et qui contrôle l’action suivante.
Reprenez une seule condition dans un exercice maîtrisé, pas un échange de haut niveau tout entier. Les images de compétition anciennes reflètent aussi le règlement en vigueur lors de l’événement ; elles ne disent pas ce qui est autorisé aujourd’hui dans chaque catégorie d’âge.
12 / VARIANTES ET PROJECTIONS VOISINES
Seoi-nage, ippon-seoi-nage ou seoi-otoshi ?
La liste du Kodokan les présente comme trois techniques distinctes. Au dojo, les appellations courantes sont parfois plus larges : comparez l’action autant que le nom.
| Technique | Ce qu’il faut comparer |
|---|---|
| Seoi-nage | Le bras fléchi qui charge uke et l’action de le porter par-dessus l’épaule. La forme manche-revers étudiée ici est couramment appelée morote-seoi-nage. |
| Ippon-seoi-nage | La relation de projection d’épaule à un bras : le bras qui projette passe sous l’aisselle de uke pour contrôler la zone du haut du bras et de l’épaule. |
| Seoi-otoshi | L’action de descente : l’IJF décrit le fait de poser un genou ou les deux pour projeter uke par-dessus l’épaule. |
Et le « seoi-nage à genoux » ? C’est une appellation courante à l’entraînement comme dans les recherches en ligne (« drop seoi nage » en anglais), mais elle ne suffit pas, à elle seule, à classer une action complète. Évitez d’identifier une projection à partir d’une seule image où les genoux touchent le tatami. La progression debout proposée dans cet article n’enseigne pas d’entrée à genoux.
Variantes : changez une seule variable à la fois
Variantes de saisie : la saisie manche-revers, le revers du même côté et d’autres saisies peuvent modifier le trajet du bras qui charge et les enchaînements possibles. Notez précisément quelle main tient quelle partie du judogi. Une étiquette comme « eri-seoi-nage » ne précise à elle seule ni la saisie complète, ni la direction, ni ce qui est autorisé en compétition.
Variantes d’entrée : comparez une entrée en rotation familière avec une version enseignée à partir du déplacement. La première question est de savoir quel problème la variante résout : un bras bloqué, une distance modifiée ou une réaction différente. Gardez la même saisie et la même réaction du partenaire pendant que vous apprenez la nouvelle entrée, pour pouvoir en identifier l’effet.
Formes debout et à genoux : le fait de descendre modifie les exigences pour uke qui chute, la remise sur pieds et la position probable au sol. Apprenez cette branche comme une leçon technique à part entière. N’utilisez pas la descente sur les genoux comme une réparation automatique d’une entrée debout qui a perdu la connexion.
Attaques du côté opposé : une garde droite ne décrit pas toutes les directions de projection possibles. Changer de direction change aussi la relation des mains et l’entrée. Notez séparément la garde et le côté d’attaque, au lieu d’appliquer sans le dire les consignes de la forme à droite à une action différente.
Choisir une variante pour une bonne raison
Gardez votre forme actuelle comme point de comparaison. Demandez-vous ce qui l’empêche régulièrement de fonctionner, quelle variante répond à ce problème et quelle nouvelle faiblesse cette variante introduit. Testez-la en déplacement coopératif avant d’y ajouter une décision. Votre objectif est une réponse fiable à une situation récurrente, pas une liste plus longue de noms de projections d’épaule.
13 / VOTRE PROCHAIN ENTRAÎNEMENT
Un seul objectif pour votre prochain entraînement
Choisissez le premier moment où votre projection se dégrade. Si le problème est une perte de connexion pendant la rotation, servez-vous de cette courte fiche :
- Situation
- Entrée à droite, saisie manche-revers, avec un partenaire coopératif en déplacement.
- Mon objectif
- Garder la manche droite de uke connectée pendant que je tourne.
- Ce que j’ai remarqué
- Uke a-t-il suivi le mouvement ? Quand l’écart est-il apparu ? Qu’est-ce que la caméra ne permettait pas de voir ?
- Question au professeur
- « La séparation vient-elle de ma saisie, de la distance ou du moment de l’entrée ? »
- Décision suivante
- Garder la tâche, la simplifier ou changer un repère en fonction du retour reçu.
Écrivez le résultat avec vos propres mots, y compris « pas clair » quand c’est le cas. Utilisez le modèle gratuit de carnet d’entraînement, un cahier ou votre application habituelle. Si vous utilisez Judo AI, découvrez ses fonctions de planification et de suivi de l’entraînement pour garder cette observation à côté de votre prochain objectif.
Un exemple de bilan rédigé
Exemple fictif, pas des données d’entraînement mesurées : « Lors d’une courte série d’entrées en déplacement, j’ai gardé la manche quand uke avançait, mais j’ai forcé deux entrées quand il reculait. La vue de profil montrait un écart avant ma rotation. La prochaine fois, je garde la même saisie et je travaille la reconnaissance du recul avant d’ajouter une projection. »
Cette note sépare l’observation, une interprétation à vérifier et la tâche suivante. Après la série comparable suivante, demandez-vous si vous avez mieux repéré les occasions fermées et gardé la connexion sur les occasions ouvertes. Si le problème persiste, revenez à la première rupture plutôt que d’ajouter plusieurs nouveaux repères.
Ce qu’il faut montrer à votre professeur
- Une tentative réussie et une tentative bloquée, avec l’approche visible.
- Pour chacune, la saisie, la relation de garde et la réaction du partenaire.
- Votre question unique et la modification que vous avez déjà essayée.
Tenez des notes séparées pour les entrées coopératives, les projections maîtrisées et les tentatives en randori. Elles ne testent pas la même chose. Une bonne prochaine étape peut être un exercice plus simple, un changement de saisie, un autre angle de prise de vue ou le fait de garder plus longtemps le même repère ; ce n’est pas forcément une nouvelle technique.
14 / SOURCES ET RELECTURE
Sources et relecture éditoriale
Les noms et les distinctions de base ont été vérifiés à partir de la liste du Kodokan et des trois descriptions techniques de l’IJF citées en lien. Les vidéos appartiennent à leurs éditeurs respectifs. Les questions de diagnostic et les exercices proposés sont des suggestions éditoriales de Judo AI ; ils n’ont pas été validés comme programme d’entraînement ni relus par un professeur de judo nommément identifié.
- Kodokan : noms des techniques de judo (Names of Judo Techniques)
- IJF : définition de seoi-nage et vidéothèque technique
- IJF : ippon-seoi-nage · IJF : seoi-otoshi
Vérification des sources de la version anglaise : 9 octobre 2026 · Version française : 13 octobre 2026. Prévisualisation éditoriale en français ; la relecture technique par un professeur reste à faire.
Portée des sources et du règlement
Références officielles : les noms du Kodokan et les définitions de l’IJF fondent la classification et les distinctions de base. Références pédagogiques : les intervenants des vidéos citées expliquent leurs propres démonstrations ; cet article ne prétend pas avoir leur approbation. Propositions éditoriales : les exercices, les pistes de diagnostic et les questions de bilan sont des suggestions pour une pratique encadrée, pas une méthode validée ni un diagnostic de votre mouvement.
Sources sur la compétition : IJF, compte rendu de la finale de Bakou, 5 octobre 2026 ; IJF, compte rendu du combat pour le bronze en Hongrie, 11 juin 2021 ; et la sélection vidéo de l’IJF. Les descriptions des combats sont attribuées à ces comptes rendus ; les questions d’observation en sont distinctes.
Règlement : cette page n’a pas fait l’objet d’une vérification complète du règlement d’arbitrage en vigueur et ne donne aucun avis global de légalité. Avant d’utiliser en compétition une saisie, une descente à genoux, une variante inversée, une contre-prise, une clé de bras ou un étranglement, vérifiez le règlement de votre compétition et de votre catégorie d’âge avec votre professeur ou un arbitre. L’existence d’un nom officiel ne signifie pas que toutes les façons d’appliquer la technique sont autorisées.
État de la relecture : la couverture éditoriale, l’attribution des sources et l’affichage sur différents écrans ont été vérifiés. La relecture technique par un professeur nommément identifié reste à faire. Aucun grade, aucune qualification d’enseignant ni aucun test pratique n’est revendiqué pour l’auteur éditorial.