01 / L’ESSENTIEL
Une clé de bras tendu dont le genou est le levier
Ude-hishigi-hiza-gatame (luxation du coude par contrôle du genou), le plus souvent abrégé en hiza-gatame, est la clé de bras au genou. La liste officielle des 100 techniques du Kodokan la place en quatrième position des dix kansetsu-waza (clés de bras) des katame-waza (techniques de contrôle au sol), et c’est l’une des cinq clés de bras du Katame-no-kata du Kodokan. La vidéothèque technique de l’IJF donne le nom anglais « knee lock » (clé au genou) et cette définition : « Une clé. Plaquez l’aisselle gauche de votre adversaire avec votre main gauche et, en même temps, appuyez votre genou contre l’articulation de son coude pour la contrôler » (traduit du texte anglais de l’IJF). Deux choses sont fixées dans cette phrase : la cible est l’articulation du coude, et l’outil qui appuie dessus est le genou de tori.
La phrase de l’IJF nomme le côté gauche pour l’aisselle et la main, mais ne précise ni quel genou ni quel bras de uke. Nous la citons telle quelle et n’en reconstruisons pas une version plus complète. Ce qui ne fait aucun doute, c’est la catégorie de la technique : hiza est le genou, et c’est le genou qui appuie sur un coude déjà fixé par le haut du corps qui distingue cette clé des autres techniques ude-hishigi. Une pression qui arrive à l’épaule, au poignet ou au cou est le signe que la position a dérivé, pas une variante.
Noms que vous rencontrerez : hiza-gatame, ude-hishigi-hiza-gatame et, en anglais, « knee lock » (IJF) et « knee armlock ». Ne la confondez pas avec hiza-guruma, le balayage en roue autour du genou ; le seul mot commun est le genou. Le mot anglais « armbar » s’emploie de façon vague pour plusieurs clés du judo et n’identifie pas celle-ci.
À qui s’adresse ce guide : aux judoka qui pratiquent déjà le ne-waza (travail au sol) sous surveillance, savent chuter et taper en sécurité, et à qui un professeur a déjà montré au moins une autre clé de bras. L’encadré de sécurité de la partie 4 s’applique à chaque exercice de cette page.
02 / VOIR LA TECHNIQUE
L’extrait officiel, puis la même clé dans le kata
Ouvrir la vidéo sur YouTube si le lecteur ne s’affiche pas.
C’est la démonstration officielle du Kodokan et de l’IJF Academy. Nous avons vérifié son identité et son éditeur grâce à l’enregistrement oEmbed de YouTube et regardé quelques images échantillonnées pendant la lecture ; nous ne l’avons pas analysée image par image. Ce que montrent ces images, dans les grandes lignes : les deux partenaires commencent à genoux, face à face, avec des saisies ; tori passe sur le dos et, sur les images de la clé, uke est penché vers l’avant au-dessus de tori, un bras avancé en travers du haut du corps de tori, pendant que la jambe de tori travaille contre ce bras ; la séquence est ensuite montrée à nouveau depuis le départ à genoux. Regardez-la avec ces questions :
- Où est le poignet de uke une fois tori sur le dos : tenu contre la poitrine de tori, sous l’aisselle, ou encore libre ?
- Que fait l’autre jambe de tori avant que le genou n’arrive ? Cherchez un pied sur la hanche ou la cuisse de uke et demandez-vous ce qu’il empêche uke de faire.
- De quel côté du coude le genou de tori entre-t-il en contact : l’extérieur (le côté opposé au corps de uke) ou l’intérieur ?
- De combien le corps de tori tourne-t-il pendant que le genou appuie ? La pression vient-elle de la jambe seule ou de la rotation des hanches ?
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La description de l’éditeur liste le kata entier dans l’ordre ; ude-hishigi-hiza-gatame est le quatrième des cinq kansetsu-waza, après ude-garami, juji-gatame et ude-gatame, et avant ashi-garami. Nous n’avons ni repéré ni minuté le passage de hiza-gatame pendant la lecture : trouvez-le en suivant l’ordre donné par l’éditeur. Le kata est une démonstration formelle et convenue à l’avance : c’est donc l’endroit où étudier la séquence — comment l’attaque de uke est reçue, où va le pied de tori, quand le genou arrive —, pas le rythme ni l’opposition que vous rencontrerez en randori. Comparez le placement du pied côté hanche dans le kata avec celui de l’extrait des 100 techniques, et notez toute différence pour votre professeur.
03 / QUAND L’APPLIQUER
L’occasion : un bras qui avance vers vous pendant que vous êtes dessous
Hiza-gatame est le plus à sa place quand tori est sur le dos et uke devant lui, à genoux ou penché vers l’avant, en train de pousser ou de saisir avec un bras tendu ou presque tendu. Trois questions décident si l’occasion est réelle : Le poignet peut-il être plaqué contre votre poitrine sans pouvoir glisser ? Vos hanches peuvent-elles tourner assez pour que votre genou atteigne l’extérieur de ce coude ? Votre autre pied peut-il tenir les hanches de uke à distance pour qu’il ne puisse ni vous contourner ni faire descendre le coude ? Si l’une des réponses est non, continuez à travailler la position.
Uke cherche votre col ou pousse sur votre poitrine
Quand uke est à genoux entre vos jambes ou à côté et enfonce la main droite dans votre revers, votre poitrine ou votre ceinture pour vous plaquer, le bras est tendu vers vous et son poignet est à portée de votre bras gauche. Plus l’allonge est grande, moins uke peut plier le coude rapidement. C’est l’occasion de référence de ce guide.
Uke pose une main pour garder l’équilibre
Si vous attirez uke vers l’avant depuis le dessous et qu’il pose la main droite sur le tatami ou sur votre corps pour ne pas tomber, cet appui est un bras tendu proche de votre hanche. Pouvoir le piéger dépend de la rapidité avec laquelle le poignet arrive contre votre poitrine ; une main posée sur le tatami loin de vous n’est pas encore un poignet piégé.
Quand la clé n’est pas disponible
Si le coude de uke est fléchi et serré contre les côtes, si uke est redressé avec le poids en arrière sur les talons, ou s’il a déjà dépassé votre pied pour arriver sur votre côté, le genou n’a aucun bras tendu sur lequel agir. Un bras fléchi qui passe en travers de vous peut convenir à ude-garami ; un bras que vous pouvez amener entre vos cuisses, les hanches à l’épaule, convient à juji-gatame. Hiza-gatame sur un uke à plat ventre, genou posé sur le coude, est une variante qui s’apprend à part avec un professeur (partie 12) et n’est pas la forme de référence ici.
04 / COMMENT ÇA MARCHE
Fixer le poignet, régler l’angle, puis laisser le genou appuyer
La clé a trois tâches. Le haut du corps fixe le poignet de uke pour que l’avant-bras ne puisse ni se retirer ni tourner. La jambe côté hanche règle la distance et l’angle pour que le coude se trouve là où le genou peut l’atteindre. Le genou appuie ensuite contre l’articulation du coude. Si le genou bouge avant que le poignet ne soit fixé, uke n’a qu’à plier le bras.
Ce qui relève de la définition et ce qui n’en relève pas : la définition de l’IJF fixe un contrôle avec la main gauche et l’aisselle gauche, et une pression du genou sur l’articulation du coude. Tout ce qui suit — quel genou, le pied sur la hanche, le poignet plaqué contre la poitrine, la rotation du corps de tori — est un détail couramment enseigné, écrit pour notre convention du bras droit et signalé pour confirmation à partir de la démonstration du Kodokan.
Le poignet plaqué sous le bras gauche
Votre bras gauche enveloppe l’avant-bras droit de uke et le plaque contre votre poitrine, si bien que le poignet et la main de uke se trouvent au niveau de votre aisselle gauche ou au-delà. C’est le placage, et non la force de votre saisie, qui tient le bras. À vérifier : uke essaie de ramener sa main vers son propre corps. Si l’avant-bras glisse plus qu’un peu, votre bras enveloppe l’avant-bras trop bas ou votre coude est écarté de vos côtes.
Le pied droit sur la hanche gauche
La plante de votre pied droit repose sur le pli de la hanche gauche ou sur la cuisse de uke. Elle fait deux choses : elle tient les hanches de uke à distance pour que le bras piégé reste allongé, et elle vous permet de tourner les hanches vers le côté droit de uke sans que uke suive. À vérifier : uke essaie d’avancer ou de faire marcher ses genoux pour vous contourner vers votre côté droit. Si les hanches de uke arrivent sur votre côté, le pied n’était pas actif.
Les hanches tournent vers le bras piégé
Le poignet plaqué et le pied en place, vos hanches tournent un peu vers votre gauche pour que votre genou gauche puisse monter à côté du coude droit de uke. La rotation vient des hanches qui roulent sur le tatami, pas d’une flexion du bras piégé vers vous. À vérifier : après la rotation, le coude de uke est-il au niveau de votre genou gauche ou au-dessus ? S’il est en dessous, le genou passera sous le coude.
Le genou contre l’extérieur du coude
Votre genou gauche, ou l’intérieur de la cuisse juste au-dessus, repose contre l’extérieur du coude droit de uke — le côté opposé à son corps —, juste au-dessus de l’articulation. La formulation de l’IJF est « appuyez votre genou contre l’articulation de son coude » ; un contact sur l’avant-bras ou sur le haut du bras éloigne le levier de l’articulation. À vérifier : à pression nulle, le professeur regarde le point de contact. Sur l’avant-bras, remontez le placage ; sur le haut du bras, modifiez la rotation des hanches.
L’orientation du poignet
Le genou n’agit sur le coude que si le sens de flexion du coude est orienté à l’opposé du genou, pour que le bras ne puisse pas simplement se replier autour de lui. Beaucoup de professeurs le décrivent comme le côté du petit doigt de la main de uke tourné vers le haut, mais la rotation exacte est un détail fixé par le professeur. À vérifier : avant toute pression, uke essaie de plier le bras autour de votre genou. S’il se plie facilement, le poignet est mal orienté ou le placage s’est relâché.
Une pression lente venue de la jambe et des hanches
La pression vient de votre genou qui descend progressivement vers le tatami, de votre côté droit, pendant que le placage maintient le poignet immobile, aidé par une petite rotation supplémentaire des hanches. Elle ne vient jamais d’un coup de genou ni d’un à-coup sur le bras plaqué. À vérifier : le professeur observe le coude de uke : il devrait se tendre progressivement et s’arrêter dès qu’on vous annonce « pause ».
Le relâchement fait partie de la mécanique
À la tape, à un « stop » prononcé ou au moindre signe de douleur, retirez d’abord le genou du coude, puis ramenez les hanches, puis ouvrez le placage du bras et abaissez le pied côté hanche. Ouvrir le placage alors que le genou appuie encore peut laisser le coude sous charge au moment où il devient libre de bouger. Répétez tout l’ordre à chaque répétition, y compris les répétitions coopératives.
05 / POINTS CLÉS
Quatre consignes sur l’ordre et le contact
La partie 4 vérifie chaque élément à l’arrêt. Ces consignes vérifient l’ordre et le contact pendant une entrée réelle. Utilisez une consigne par série ; aucune ne demande de pression sur le coude.
Le placage avant le pied
Le poignet de uke est plaqué contre votre poitrine avant que votre pied droit ne se pose sur la hanche. À vérifier : l’observateur annonce lequel est arrivé en premier. Le pied d’abord signifie généralement que uke a senti l’angle changer et a retiré le bras.
Le pied avant le genou
Le pied côté hanche est en place et pousse légèrement avant que le genou gauche ne monte. À vérifier : regardez le genou gauche de uke au sol. S’il se déplace vers votre côté pendant que votre genou monte, le pied était en retard.
Le genou sur l’articulation, pas sur l’avant-bras
Le premier contact se fait sur l’extérieur du coude. À vérifier : uke dit où le genou le touche avant toute pression — avant-bras, coude ou haut du bras. Seul « coude » permet de continuer.
Relâcher le genou en premier
Le genou se retire, les hanches reviennent, le placage s’ouvre, le pied redescend. À vérifier : quand le professeur dit « relâchez », le genou quitte-t-il le coude avant que le bras gauche ne s’ouvre ?
Si une consigne échoue deux fois dans une série, revenez à la construction statique (étape 1 de la partie 10). Dans cette clé, la plupart des problèmes de pression sont des problèmes de poignet ou d’angle qui se manifestent tard.
06 / BLOCAGES ET CORRECTIONS
Pourquoi le genou manque sa cible ou le bras s’échappe
Diagnostiquez à partir de la première chose qui a mal tourné, pas de la finalisation manquée ; chaque piste est une hypothèse à tester avec votre professeur.
« Uke retire le bras dès que je m’allonge. »
Causes possibles : vous vous êtes allongé avant que le placage ne soit en place ; votre bras gauche tenait la main plutôt que l’avant-bras ; ou votre coude était écarté de vos côtes, si bien que le placage avait un espace.
Les distinguer : figez-vous au moment où votre dos touche le tatami. Un poignet libre renvoie au moment choisi ; un poignet dans votre main mais un avant-bras qui glisse renvoie à la hauteur du placage ; un espace visible sous votre coude gauche signifie que le placage est ouvert.
Correction : faites le placage d’abord, encore assis, puis allongez-vous avec le bras déjà plaqué. Évaluer : cinq entrées contre la même traction lente, avant et après ; comptez les bras encore plaqués quand votre dos touche le tatami.
« Mon genou glisse sous le coude. »
Causes possibles : vos hanches n’ont pas tourné, si bien que le genou monte devant le coude plutôt qu’à côté ; uke a abaissé le coude vers le tatami ; ou uke est très redressé, ce qui place le bras au-dessus de la ligne de votre genou.
Les distinguer : filmez depuis le côté droit de uke. Si vos hanches sont restées à plat, c’est la rotation ; si le coude de uke est descendu pendant que votre genou montait, c’est la réaction de uke ; si les deux sont restés immobiles mais que le coude est haut, c’est la posture de uke.
Correction : pour la rotation, roulez sur votre hanche gauche avant de lever le genou ; pour un coude haut, utilisez d’abord le pied droit et le placage pour attirer uke légèrement vers l’avant et vers le bas. Évaluer : uke indique l’endroit du premier contact du genou à chacune de cinq répétitions.
« Uke contourne mon pied et arrive sur mon côté. »
Causes possibles : le pied droit était simplement posé, sans pousser ; il était trop bas sur la cuisse de uke pour diriger les hanches ; ou vous avez tellement tourné les hanches que le pied a perdu le contact.
Les distinguer : regardez le pied. Un contact perdu renvoie à une rotation excessive ; un contact conservé alors que uke avance quand même renvoie à l’absence de poussée ; un pied sur le genou ou le bas de la cuisse renvoie au placement.
Correction : posez la plante du pied dans le pli de la hanche et gardez une poussée légère et constante pendant toute la phase du genou. Évaluer : uke tente un contournement lent à chaque répétition ; comptez les répétitions où les hanches de uke restent devant vous.
« Uke plie le bras autour de mon genou. »
Causes possibles : le poignet a tourné, si bien que le coude fait face à votre genou ; le contact est sur l’avant-bras, ce qui donne à uke une charnière ; ou le placage est lâche, ce qui laisse la main revenir vers uke.
Les distinguer : regardez la main de uke avant la pression. Une mauvaise rotation se voit tout de suite ; un contact sur l’avant-bras est signalé par uke ; un placage lâche se voit à la main qui s’éloigne de votre aisselle.
Correction : rétablissez l’orientation du poignet fixée par votre professeur et refaites le placage plus haut sur l’avant-bras avant que le genou ne monte. N’appuyez jamais plus fort à travers un bras qui se plie. Évaluer : uke essaie de plier le bras à pression nulle à chaque répétition ; comptez les tentatives qui échouent.
« Uke le sent dans l’épaule ou dans le poignet. »
Causes possibles : le genou appuie vers la tête de uke au lieu d’agir en travers du coude ; votre placage tord l’avant-bras ; ou uke a tourné l’épaule, si bien que le bras n’est plus tendu dans l’axe.
Les distinguer : interrogez uke à pression minimale. Une gêne à l’épaule avec un bras tendu renvoie à la direction ; une gêne au poignet renvoie au placage qui tord ; une gêne à l’épaule pendant que uke tourne renvoie à la rotation de uke.
Correction : arrêtez, relâchez et reconstruisez. Ne « trouvez » jamais le coude en ajoutant de la pression. Évaluer : à chaque répétition de la série suivante, uke nomme l’endroit de la première sensation ; seul le coude est accepté.
07 / ENTRÉES ET ENCHAÎNEMENTS
Laissez l’allonge de uke décider du parcours
Ce sont des schémas d’entraînement éditoriaux pour une pratique encadrée, pas des descriptions des vidéos citées. Chacun indique le moment où la clé est abandonnée.
LIRE L’ALLONGE
Depuis le dessous : hiza-gatame, juji-gatame ou garder les barrières
Départ : vous êtes sur le dos, uke est à genoux devant vous. Réaction du partenaire, trois cas : (a) uke avance un bras droit tendu vers votre revers ou votre poitrine ; (b) uke avance un bras tendu mais pousse son poids vers l’avant, si bien que le coude arrive au-dessus de vos hanches et que vos jambes peuvent entourer le haut du bras ; (c) uke garde les deux coudes serrés et ne pousse qu’avec les avant-bras. Action suivante : (a) est l’occasion de ce guide : plaquez le poignet, posez le pied droit sur la hanche gauche, tournez et amenez le genou gauche au coude. (b) est une forme de juji-gatame depuis le dessous, que votre professeur doit enseigner séparément parce que le mouvement des jambes est différent. (c) n’offre aucun bras tendu ; gardez vos barrières et attendez. Arrêt ou reprise : si les hanches de uke dépassent votre pied, abandonnez la clé et remettez vos jambes entre vous et uke, ou tournez-vous pour faire face à uke.
DE LA SAISIE À LA CLÉ
Saisie à genoux → retour contrôlé sur le dos → hiza-gatame
Départ : tous les deux à genoux (l’extrait officiel commence lui aussi par un échange de saisies à genoux), uke tenant votre revers gauche de la main droite. Réaction du partenaire : uke pousse ou tire sur la saisie en gardant le bras allongé. Action suivante : votre bras gauche enveloppe l’avant-bras droit de uke pendant que vous vous asseyez en arrière, pour arriver au sol avec le poignet déjà plaqué ; le pied et le genou suivent ensuite comme dans la partie 4. Arrêt ou reprise : si uke lâche la saisie avant que vous n’arriviez au sol, redressez-vous et reprenez une saisie au lieu de rester allongé sous uke sans rien contrôler.
APRÈS L’ÉCHEC DE LA CLÉ
Le genou manque → remettre les jambes entre vous et uke, sans chercher le bras
Départ : votre genou monte mais uke plie le coude et pousse vers l’avant. Réaction du partenaire : uke essaie de passer sur votre côté. Action suivante : abandonnez la clé, ramenez les deux genoux entre vous et uke, et rétablissez la distance avec les pieds. Arrêt ou reprise : si uke a atteint une position d’immobilisation, la tâche de la séquence est désormais de sortir ; ne continuez pas à tirer sur le bras depuis le dessous.
Notez deux faits à chaque tentative : si le placage était en place avant que vous ne vous allongiez, et si votre pied est resté sur la hanche jusqu’à l’arrivée du genou. Ces deux faits expliquent généralement le résultat.
08 / DÉFENSES ET SORTIES
Gardez le coude près du corps, les hanches mobiles, et tapez tôt
Chaque défense supprime l’une des conditions de la partie 4 : le poignet plaqué, le pied côté hanche, la rotation des hanches ou le genou contre l’extérieur du coude.
Prévention : ne pas avancer un bras long
Depuis le dessus, saisir ou pousser avec le coude écarté du corps, c’est offrir le bras. Garder les coudes près du corps et saisir bras fléchis ne laisse à tori aucun levier droit.
Défense précoce : libérer le poignet avant l’arrivée du genou
Tant qu’il n’y a que le placage, uke peut plier le coude et ramener la main vers sa propre poitrine, ou tourner la main pour que le coude soit orienté vers le bas. Une fois le genou en place contre l’extérieur du coude, ces actions ne sont plus sûres.
Sortie : supprimer l’angle
Faire marcher ses genoux vers le côté de tori, pour que les hanches dépassent son pied, supprime l’angle dont le genou a besoin. Amener le poids vers l’avant au-dessus d’un bras fléchi, en gardant le coude derrière le genou de tori, a le même effet. Les deux supposent que le bras soit encore fléchi.
Ce à quoi tori s’expose
Tori est sur le dos, une jambe engagée dans l’action du genou. Si uke libère le bras et dépasse le pied, il peut atteindre une immobilisation. C’est pourquoi la partie 7 fait du retour des jambes entre vous et uke la première suite après un échec.
09 / TRANSITIONS ET SUITES
Ce qui change quand le genou ne suffit pas
Hiza-gatame part du dessous : ses suites consistent donc à garder uke devant vous et, si la clé échoue, à ne pas lui céder une immobilisation. Le tableau associe la réaction de uke à la position dans laquelle vous vous retrouvez. C’est une carte d’étude, pas une liste d’enchaînements garantis.
| Réaction de uke | Position dans laquelle vous vous retrouvez | Décision suivante |
|---|---|---|
| Retire le bras et reste devant vous | Uke entre vos jambes, ou jambes ouvertes ; uke à genoux | Rétablir saisies et barrières ; attendre la prochaine allonge |
| Pousse vers l’avant par-dessus le bras | Bras engagé loin en travers de vos hanches | Si votre professeur l’a enseigné, une forme de juji-gatame depuis le dessous ; sinon, faire barrière et reprendre la distance |
| Contourne votre pied | Uke sur votre côté, votre dos au tatami | Abandonner le bras, se tourner face à uke ou remettre les jambes entre vous et uke |
| Se relève et recule | De la distance, vous au sol | Suivre la règle de reprise de votre compétition ; ne pas poursuivre depuis le dos |
Depuis les immobilisations par le dessus
Hiza-gatame peut aussi s’étudier par le dessus, comme variante à genoux, quand uke, sous une immobilisation comme yoko-shiho-gatame ou kesa-gatame, tend un bras pour pousser et que vous pouvez piéger le poignet contre votre corps pendant que votre genou vient sur le coude. Cette forme quitte l’immobilisation pour faire la clé : l’échange doit donc être délibéré. Si uke se tourne sur le côté pendant que vous vous relevez, revenez à l’immobilisation. Considérez ce parcours comme enseigné par le professeur, pas comme la forme de référence.
Après la clé : nommer la position
Quand une tentative se termine, nommez ce que vous avez : uke toujours devant vous (reprise), uke sur votre côté (défense), ou uke sur le dos près de vous (chercher une immobilisation que votre professeur a enseignée). Cette habitude vous empêche de vous accrocher à un bras pendant que la position est perdue. Pour concevoir plus largement une séance de ne-waza, voir le guide des exercices de ne-waza.
10 / PROGRESSION À L’ENTRAÎNEMENT
De la construction statique aux séquences positionnelles depuis le dessous
Ne passez à l’étape suivante que lorsque le critère est rempli sous les yeux du professeur ; la progression dépend du contrôle et du relâchement, pas des finalisations.
Construction statique, sans pression
Uke est à genoux devant vous, le bras droit sur votre revers. Vous faites le placage, posez le pied, tournez et placez le genou, puis vous vous arrêtez. Uke teste une traction, un contournement et une flexion. Critère : les trois sont arrêtés par la structure, le genou touchant l’extérieur du coude sans aucune pression.
Pression lente jusqu’au premier signal
Depuis la construction vérifiée, appuyez par petits paliers ; uke tape à la première sensation nette au coude et vous exécutez l’ordre de relâchement. Le professeur peut annoncer « pause » à tout moment. Critère : chaque tape entraîne un relâchement immédiat, et uke signale le coude, jamais le poignet ni l’épaule.
Entrée depuis une saisie avec une réaction
Départ à genoux, avec saisies. Vous vous asseyez en arrière dans le placage ; uke choisit une réaction convenue : retirer le bras, ou contourner lentement. Soit vous terminez la construction et appuyez lentement, soit vous abandonnez et remettez les jambes entre vous et uke. Critère : vous n’appuyez jamais à travers un bras qui s’est plié, et chaque abandon laisse uke devant vous.
Séquences positionnelles depuis le dessous
Séquences courtes : vous commencez sur le dos, uke à genoux devant vous essaie de passer pour immobiliser. Vous pouvez faire barrière, remettre les jambes entre vous et uke ou tenter hiza-gatame quand le bras est offert. Une tape ou un passage réussi met fin à la séquence. Critère : au jugement du professeur, dans la plupart des séquences, vos tentatives correspondent à la lecture de la partie 7, et aucune tentative ne commence sans le placage.
Le randori libre au sol avec cette clé vient après l’étape 4, une fois que le professeur juge l’habitude du relâchement fiable et confirme que vous y êtes autorisé.
11 / VIDÉOS DE COMPÉTITION
Des pistes vidéo officielles, et leurs limites
Nous avons consulté ces pages de la vidéothèque technique de l’IJF le 14 octobre 2026. Chacune est une piste vidéo : le combat figure sous le repère hiza-gatame ; ce qui s’y est passé n’est pas vérifié, et nous n’avons pas regardé les images.
Urantsetseg Munkhbat (MGL) : trois combats repérés
La page technique de l’IJF présente Urantsetseg Munkhbat comme l’athlète la plus associée à ce repère, et la page de l’IJF intitulée « Hiza-gatame by MUNKHBAT Urantsetseg » (« Hiza-gatame par Urantsetseg Munkhbat ») recense trois combats : contre Catarina Costa aux Championnats du monde seniors de Bakou 2018, contre Huanmin Guan au Grand Chelem de Paris 2018, et contre Milica Nikolić au Grand Chelem de Paris 2016.
Akdeniz contre Yergaliyeva, Grand Chelem d’Antalya 2024
La page de l’IJF intitulée « Hiza-gatame on Antalya Grand Slam 2024 » (« Hiza-gatame au Grand Chelem d’Antalya 2024 ») recense un combat entre Minel Akdeniz et Samalay Yergaliyeva. Cette page de compétition n’indique pas quelle athlète a exécuté l’action repérée.
Vérifié : les titres des pages, les compétitions, les oppositions et les repères techniques. Non vérifié : qui a marqué sur la page de compétition, si une valeur a été obtenue, le moment du combat, la position qui a précédé et toute tactique.
Questions à emporter devant les vidéos
- L’origine : l’athlète qui fait la clé était-elle dessous, sur le côté, ou au-dessus d’une adversaire en boule ?
- Le placage : comment le poignet était-il tenu — contre la poitrine, sous l’aisselle, ou avec les mains ?
- Le genou : le genou est-il arrivé contre l’extérieur du coude, ou le coude était-il pressé contre le tatami ?
- La défense : l’adversaire a-t-elle essayé de retirer le bras, de le plier ou de contourner les jambes ?
- La fin : en combien de temps l’arbitre a-t-il arrêté l’action, et en combien de temps l’athlète a-t-elle relâché ?
Ne notez que ce que montre la caméra ; notez le reste « non visible ». Les images de haut niveau reflètent le règlement de cette compétition, pas celui de votre catégorie.
12 / VARIANTES ET COMPARAISONS
Hiza-gatame parmi les clés de bras tendu
La liste du Kodokan nomme séparément les clés ude-hishigi selon ce qui agit sur le coude. C’est le moyen le plus rapide de les distinguer.
| Technique | Forme du bras | Ce qui contrôle et charge le coude |
|---|---|---|
| Ude-hishigi-hiza-gatame | Tendu | Le contrôle du bras par le haut du corps, plus le genou de tori sur le coude (IJF) |
| Ude-hishigi-juji-gatame | Tendu | Les deux mains sur le poignet, le haut du bras piégé entre les cuisses (IJF) |
| Ude-hishigi-ude-gatame | Tendu | Les mains et les bras de tori contre le coude, sans le genou |
| Ude-hishigi-waki-gatame | Tendu | L’aisselle de tori piège le bras |
| Ude-hishigi-sankaku-gatame | Tendu | Un triangle de jambes autour de la tête et du bras, les mains étendant le coude (IJF) |
| Ude-garami | Fléchi | Les deux bras de tori enroulent et tordent le bras |
Là où le tableau va au-delà des définitions de l’IJF, il résume ce qu’indiquent les noms ; étudiez chaque clé à partir de son propre guide et de sa démonstration officielle.
Variantes à l’intérieur de hiza-gatame
Depuis le dessous (la forme de référence de ce guide), le pied côté hanche sert à régler l’angle. Par le dessus, contre un uke à plat ventre ou en boule, tori se met à genoux pour que le genou repose sur l’arrière du coude pendant que le poignet est soulevé ; des sources secondaires décrivent cette forme, mais nous ne l’avons pas vérifiée sur une démonstration officielle : ne l’apprenez qu’avec votre professeur. La forme du kata, telle qu’elle apparaît dans le Katame-no-kata, est convenue à l’avance et enseigne la séquence. Si ce n’est plus le genou qui charge le coude — par exemple si les mains font le travail pendant que le genou ne fait que plaquer —, vous êtes peut-être passé à ude-gatame ; nommez la clé que vous faites réellement.
13 / VOTRE PROCHAIN ENTRAÎNEMENT
Une séance : trouver où le bras s’échappe
Tâche : avec l’accord de votre professeur, travaillez l’étape 3 : départ à genoux avec saisies, retour sur le dos dans le placage et construction de la clé, uke choisissant entre retirer le bras et contourner. La pression est lente et s’arrête à la première tape.
- Situation
- Saisies à genoux ; uke tient mon revers gauche de la main droite.
- Mon axe de travail
- Le placage en place avant que mon dos n’arrive au tatami.
- Ce que j’ai remarqué
- Quand le placage s’est-il fermé ? Où mon genou a-t-il touché en premier ? Mon pied est-il resté sur la hanche ?
- Question pour le professeur
- « Quand je perds le bras, est-ce le placage, le pied ou la rotation de mes hanches ? »
- Décision suivante
- Garder la tâche, revenir à la construction statique, ou ajouter le contournement comme seule défense.
Un exemple de relevé commenté
Exemple fictif, pas des données d’entraînement mesurées : « Dix entrées depuis des saisies à genoux. Le placage était en place avant que mon dos ne touche le tatami sur sept. Sur quatre d’entre elles, uke a contourné mon pied parce que je l’ai retiré pour tourner. Deux fois, mon genou a touché l’avant-bras et uke a plié le bras. Séance suivante : garder le pied qui pousse pendant la rotation, et demander à uke de nommer le point de contact avant que j’appuie. »
Ce relevé distingue l’événement, la cause et le changement. Conservez-le dans le modèle de carnet d’entraînement ou dans Judo AI, pour que la séance suivante commence par le pied plutôt que par une nouvelle technique.
14 / SOURCES ET RELECTURE
Sources, auteur et relecture
- Kodokan : liste des noms de techniques de judo (liste datée du 1er avril 2017) — nom officiel, kanji et quatrième place parmi les kansetsu-waza.
- IJF : définition de hiza-gatame et vidéothèque technique — définition citée dans la partie 1 ; consultée le 14 octobre 2026.
- KODOKAN : 腕挫膝固 / Ude-hishigi-hiza-gatame — identité et éditeur vérifiés par oEmbed ; images échantillonnées regardées, sans analyse plan par plan.
- KODOKAN : Kodokan Kagami Biraki ceremony 2025 Katame-no-Kata — identité et éditeur vérifiés ; ordre du kata et démonstrateurs tirés de la description de l’éditeur ; le passage de hiza-gatame n’a pas été repéré pendant la lecture.
- Sélections vidéo de l’IJF : Munkhbat et Grand Chelem d’Antalya 2024 — liste et repère technique uniquement.
Par Judo AI · Relecture éditoriale de la version anglaise : 14 octobre 2026 · Version française : 15 octobre 2026. La cible et l’usage du genou viennent de la définition de l’IJF. Le choix du genou, le pied sur la hanche, le placage du poignet, la rotation des hanches et l’orientation du poignet sont des détails couramment enseignés, écrits pour notre convention du bras droit et signalés pour confirmation par un professeur. Les exercices, les diagnostics et les critères d’étape sont des suggestions éditoriales de Judo AI pour une pratique encadrée ; ils n’ont pas été testés comme programme, et aucun professeur de judo nommément identifié n’a encore relu cette page. Prévisualisation éditoriale en français.
Règlement et sécurité : ce guide d’étude s’adresse à une pratique encadrée du judo ; ce n’est pas un manuel d’arbitrage. Nous n’avons pas mené de vérification complète du règlement actuel ; vérifiez le règlement en vigueur de l’IJF et de la compétition, ainsi que les restrictions liées à votre catégorie d’âge et à votre grade, avec votre professeur avant d’utiliser des kansetsu-waza en randori ou en shiai. Une tape signifie un relâchement immédiat, dans tous les contextes.
Référence officielle des 100 techniques · Guides d’entraînement.