ÉTUDE TECHNIQUE · SHIME-WAZA

Sankaku-jimeComment ça marche et comment progresser

Sankaku-jime est le seul étranglement du Kodokan finalisé avec les jambes : un triangle qui se referme autour du cou de uke en enfermant l’un des bras de uke.

En japonais
三角絞
Signification
Étranglement en triangle
Classification
Étranglement · Shime-waza · Katame-waza
Ce guide
Face à uke ; jambe droite par-dessus l’épaule gauche de uke, jambe gauche sous l’aisselle droite de uke, pied droit sous votre genou gauche

Un étranglement formé par un triangle de jambes

Sankaku-jime (三角絞, étranglement en triangle) est l’un des douze shime-waza (étranglements) de la liste des noms de techniques du Kodokan, au sein du groupe des katame-waza (techniques de contrôle au sol). « Sankaku » signifie triangle ; l’IJF donne le nom anglais « triangular strangle » (étranglement triangulaire), et beaucoup de clubs anglophones disent « triangle choke ».

La définition de l’IJF décrit la technique face à l’adversaire : enroulez votre jambe droite par-dessus l’épaule gauche de uke et votre jambe gauche sous l’aisselle droite de uke, bloquez votre pied droit sous l’arrière de votre propre genou gauche « en formant un triangle avec les jambes » (traduit du texte anglais de l’IJF), puis serrez le cou depuis cette position. Ce sont les jambes qui étranglent ; la définition ne mentionne pas les mains.

Le même triangle de jambes apparaît dans une autre technique du Kodokan, ude-hishigi-sankaku-gatame, une clé de bras dans laquelle les mains étendent le coude de uke. Les professeurs utilisent aussi le triangle pour retourner uke et l’amener dans une immobilisation. Cette page traite de l’étranglement ; la partie 12 distingue les trois.

Notre convention : vous êtes tori, face à uke. Votre jambe droite passe par-dessus l’épaule gauche de uke et derrière son cou ; votre jambe gauche passe sous l’aisselle droite de uke ; votre pied droit est bloqué sous l’arrière de votre genou gauche. Quand cette page parle du « bras à l’intérieur », il s’agit du bras de uke qui reste enfermé dans le triangle avec le cou ; votre professeur vous montrera de quel bras il s’agit dans la forme qu’il enseigne. Pour travailler à gauche, inversez toutes les directions.

Lecteur visé : un judoka à qui son professeur a déjà montré comment appliquer et relâcher un étranglement. Un texte ne remplace pas cette leçon. L’exercice s’arrête à la tape et ne se poursuit jamais vers la perte de connaissance.

Noms que vous rencontrerez : sankaku-jime, sankaku jime et, en anglais, « triangular strangle » et « triangle choke » désignent cette technique du Kodokan. Des noms comme mae-sankaku, yoko-sankaku ou ushiro-sankaku sont des étiquettes informelles de professeurs, qui indiquent la direction d’attaque ; la liste du Kodokan ne contient qu’une seule entrée, Sankaku-jime.

La démonstration du Kodokan et les notes de cours d’un professeur

KODOKAN · 三角絞 / Sankaku-jime (série « KODOKAN × IJF ACADEMY » des 100 techniques, publiée le 6 mai 2021, environ 59 s).
Ouvrir la vidéo sur YouTube si le lecteur ne s’affiche pas.

Nous avons parcouru cet extrait à intervalles de quelques secondes, et non image par image. Ce que nous avons pu voir : les deux partenaires commencent assis et à genoux, face à face. Tori s’allonge ensuite sur le dos, uke à genoux au-dessus de tori et entre ses jambes. L’une des jambes de tori monte par-dessus l’épaule de uke et passe derrière son cou, et la tête de uke est maintenue basse contre le corps de tori. Sur les vues de côté, les mains de tori tiennent l’un des bras de uke par la manche, près de la poitrine de tori, à l’intérieur des jambes. L’extrait répète l’action sous plusieurs angles, dont un depuis l’arrière de la tête de tori et des gros plans sur la tête et le bras.

Regardez-le avec la formulation de l’IJF sous les yeux. Cherchez : quelle jambe passe par-dessus l’épaule ; où passe l’autre jambe par rapport à l’aisselle de uke ; où le pied droit est bloqué ; ce que font les mains de tori avec le bras de uke ; et si la tête de uke est tirée ou simplement maintenue. Notez « non visible » tout ce que la caméra cache, au lieu de le compléter de mémoire.

Riki Judo Dojo · Sankaku-Jime Tips (publiée le 8 mars 2024, environ 5 min 21 s ; l’éditeur décrit un cours enregistré le 29 janvier 2024 avec un instructeur septième dan).
Ouvrir la vidéo (en anglais) sur YouTube. Référence pédagogique indépendante, distincte de la démonstration officielle.

Nous n’avons pas visionné cette vidéo pédagogique : aucune consigne de cette page ne lui est donc attribuée. La liste de chapitres publiée par l’éditeur en donne les thèmes : définition (0:00), explication du triangle (0:13), travail des pieds (0:20), fermeture des artères carotides (0:40), tendre le bras de uke en tirant (1:05), uchi-komi de sankaku-jime (1:52), origines guerrières (2:54), « wrasslers » (3:06), surmonter les limites de souplesse (3:28), « judo ≠ gentle way » (« judo ≠ voie de la souplesse », 4:10) et saisir plus haut sur la manche de uke (4:38). Ce sont des repères de l’éditeur, pas des minutages que nous avons vérifiés.

Trois titres de chapitres rejoignent des questions de cette page : « pull uke’s arm straight » (tendre le bras de uke en tirant) et « grab higher on uke’s sleeve » (saisir plus haut sur la manche de uke) concernent tous deux le bras à l’intérieur (partie 4) ; « overcoming flexibility challenges » (surmonter les limites de souplesse) est utile si votre pied n’atteint pas votre genou (partie 6). Demandez à votre professeur de vous montrer ce qu’il entend par chacun.

Les occasions naissent de la tête de uke et d’un bras devant vous

Sankaku-jime s’attaque face à uke. Il vous faut la tête de uke à portée de vos jambes et l’un des bras de uke à l’intérieur, l’autre bras restant à l’extérieur. Les positions qui offrent cette configuration sont assez précises.

Uke est à genoux entre vos jambes

C’est la position de l’extrait du Kodokan. Vous êtes sur le dos et uke se trouve entre vos jambes, cherchant à passer ou à étrangler. Si la tête de uke vient vers l’avant et qu’une main se pose sur votre corps ou sur votre veste alors que l’autre ne le fait pas, la disposition dont le triangle a besoin est déjà en partie là.

Uke est en boule devant vous

Quand uke est à quatre pattes, la tête tournée vers vous, les professeurs enseignent des entrées en triangle par l’avant ou par le côté. La tête de uke est basse et ses bras sont près d’elle, si bien qu’une jambe peut passer par-dessus une épaule. Ces entrées mènent souvent à un retournement plutôt qu’à un étranglement sur place ; la partie 9 traite de cette suite.

Uke avance un seul bras

Un seul bras qui avance pour saisir votre col ou repousser vos hanches est l’invitation classique : ce bras peut rester à l’intérieur pendant que l’autre reste à l’extérieur. Deux bras qui avancent en même temps, ou deux bras maintenus à l’extérieur, n’offrent pas cette forme.

Quand la technique n’est pas disponible

Si les deux bras de uke sont à l’extérieur de vos jambes, refermer les jambes autour du cou seul n’est pas sankaku-jime et c’est pénalisé en compétition IJF (partie 11). Si uke est redressé, la tête bien éloignée de vous, la jambe ne peut pas passer par-dessus l’épaule sans d’abord casser cette posture. Si uke est debout, un étranglement n’est pas autorisé : selon le règlement de l’IJF, un shime-waza porté depuis la position debout est arrêté par matte. Et si vos hanches sont plaquées au sol sous le poids de uke, vous aurez du mal à lever les jambes ; récupérez d’abord de l’espace.

La posture, le bras à l’intérieur, la jambe par-dessus, le pied bloqué, puis un serrage lent

La définition de l’IJF fixe les jambes et le verrouillage. Elle ne précise ni les saisies, ni l’angle des hanches, ni la force du serrage : ces éléments viennent de votre professeur. Chaque étape comporte une vérification que uke peut signaler avant toute pression.

  1. Faire descendre la tête de uke avant que les jambes ne bougent

    Depuis la position où uke est à genoux entre vos jambes, vos saisies sur les manches ou le col de uke et vos genoux attirent sa posture vers l’avant pour que la tête arrive à portée. Le titre d’un chapitre de la vidéo pédagogique suggère une saisie plus haute sur la manche ; demandez à votre professeur où devrait se trouver la vôtre. À vérifier : avant que la moindre jambe ne bouge, pouvez-vous toucher l’arrière du cou de uke avec le bas de votre jambe droite sans que uke ait à se pencher davantage ? Sinon, la jambe arrivera trop tard et uke se redressera.

  2. Un bras à l’intérieur, un bras à l’extérieur

    Le triangle doit enfermer le cou et un bras. Tenez le bras qui restera à l’intérieur près de votre corps, par la manche ou le poignet ; dans la démonstration, les mains de tori tiennent le bras de uke près de la poitrine de tori. L’autre bras devrait se trouver à l’extérieur du triangle. À vérifier : avant que la jambe ne passe par-dessus, dites quel bras de uke est à l’intérieur et faites-le confirmer par uke. Si les deux sont à l’extérieur ou les deux à l’intérieur, recommencez.

  3. La jambe droite par-dessus l’épaule gauche et derrière le cou

    Levez la jambe droite par-dessus l’épaule gauche de uke pour que l’arrière de la cuisse et le genou passent derrière le cou de uke. La jambe devrait reposer en travers du cou et de l’épaule, pas sur le dessus de la tête. À vérifier : uke indique où se trouve la jambe. « Sur ma tête » ou « sur le haut de mon dos » signifie que la jambe est mal placée.

  4. La jambe gauche sous l’aisselle droite, le pied droit sous le genou gauche

    Amenez la jambe gauche sous l’aisselle droite de uke et repliez-la pour que votre pied droit soit bloqué sous l’arrière de votre genou gauche. C’est le triangle de la définition. Le verrouillage est un pied derrière un genou, pas deux chevilles croisées. À vérifier : le professeur voit votre cou-de-pied droit dans le pli de votre genou gauche. Si vos pieds sont croisés aux chevilles, la forme est différente et ne ferme pas le triangle.

  5. Serrer lentement, le bras toujours à l’intérieur

    Depuis le triangle verrouillé, serrez le cou en refermant les jambes, comme le dit la définition. Augmentez progressivement en partant de presque rien, pour que uke puisse taper tôt. Un chapitre de la vidéo pédagogique parle de tendre le bras en tirant ; ne remplacez pas le serrage des jambes par une traction sur la tête. Tirer la tête de uke vers le bas avec les mains charge le cou et la colonne vertébrale, et toute action susceptible de mettre en danger le cou ou les vertèbres est un acte sanctionné par hansoku-make selon le règlement de l’IJF. À vérifier : uke signale une pression sur les côtés du cou, venant des jambes et de l’épaule piégée, et non une flexion du cou.

  6. Relâcher en ouvrant le verrouillage

    À la tape, à un « stop » prononcé, au moindre signe de détresse ou au moindre doute, sortez le pied droit de derrière le genou gauche et ouvrez les deux jambes. Ne vous contentez pas de relâcher le serrage en restant verrouillé. Le bras de uke qui est à l’intérieur peut être tenu : convenez donc avant chaque séquence qu’une tape avec la main libre, une tape du pied ou un « stop » prononcé comptent tous. Si uke ne répond plus, ouvrez les jambes, appelez le professeur et arrêtez l’exercice.

Ce qui ferme les voies de sortie de uke : la posture cassée empêche uke de se relever hors de portée ; le bras à l’intérieur empêche uke d’utiliser ses deux mains contre vos jambes et maintient le triangle dans le règlement ; le verrouillage au genou empêche d’écarter les jambes de force ; et vos hanches face à uke l’empêchent de vous contourner. Chacun de ces éléments échoue à sa manière, et c’est pourquoi les blocages ci-dessous sont traités séparément.

Quatre vérifications face à une opposition

Prenez-en une par séance et notez-la après chaque séquence.

  1. Le bras à l’intérieur reste à l’intérieur jusqu’au relâchement

    À vérifier : après chaque tentative, uke dit si le bras était à l’intérieur au moment où le triangle s’est fermé et au moment du relâchement. Chaque « non » est un arrêt, pas une réussite partielle.

  2. Le pied derrière le genou, jamais les chevilles croisées autour du cou

    À vérifier : le professeur annonce « montre-moi le verrouillage » et vous marquez une pause. Comptez combien de fois le cou-de-pied droit se trouve dans le pli du genou gauche.

  3. La tête en bas avant que la jambe ne monte

    À vérifier : filmez depuis le côté. À chaque tentative, notez si la posture de uke était déjà cassée quand la jambe droite a commencé à monter. Les tentatives contre un uke redressé tendent à être celles où uke s’est relevé.

  4. Le serrage vient des jambes, pas des mains

    À vérifier : pendant trois répétitions, gardez les mains uniquement sur le bras de uke qui est à l’intérieur. Si uke sent encore l’étranglement monter, c’est le triangle qui fait le travail. Si cela ne fonctionne que lorsque vous tirez la tête, corrigez d’abord le triangle.

Pourquoi votre sankaku-jime échoue-t-il ?

Identifiez la première étape qui a cédé : la posture, le bras, la position de la jambe, le verrouillage ou le serrage. Chacune a ses propres causes.

« Uke se relève dès que ma jambe monte. »

Causes possibles : la posture de uke n’a jamais été cassée, si bien que la tête était hors de portée ; vos saisies étaient mal placées pour attirer uke vers l’avant ; ou vous avez levé la jambe lentement pendant que uke la regardait arriver. Les distinguer : figez la vidéo au moment où la jambe droite commence à monter et regardez le dos de uke : arrondi vers vous, ou droit ? Correction : consacrez un bloc au seul fait de casser la posture : vous sur le dos, uke à genoux, avec pour unique tâche d’amener la tête de uke à portée et de l’y maintenir quelques secondes. N’ajoutez la jambe qu’une fois que cela fonctionne contre une opposition modérée. Évaluer : la fréquence à laquelle la jambe atteint l’arrière du cou, avec le même partenaire et la même opposition.

« Mon pied n’atteint pas l’arrière de mon genou. »

Causes possibles : le triangle est trop lâche parce que la jambe droite est trop bas sur le dos de uke ; vos hanches sont de face par rapport à uke alors que votre professeur les voudrait en angle ; ou une véritable limite de souplesse ou de longueur de jambes face à la taille de ce partenaire. Les distinguer : essayez le verrouillage sur un partenaire plus petit, sans pression. S’il se ferme facilement, c’est une question de taille ou de position avec ce partenaire ; sinon, c’est la forme. Correction : demandez à votre professeur de vous montrer la position des hanches adaptée à votre corps ; le chapitre de la vidéo pédagogique sur la souplesse peut servir de point de départ à cette discussion. Ne forcez jamais le genou vers le bas avec une main sur la tête de uke pour faire le verrouillage. Évaluer : le nombre de verrouillages réussis sans pression, puis contre une légère opposition, sur le même partenaire.

« Uke retire le bras et mes jambes ne sont plus qu’autour du cou. »

Causes possibles : vos mains ont lâché le bras à l’intérieur pendant que vous travailliez le verrouillage ; le bras n’était qu’à peine à l’intérieur, au niveau de l’avant-bras ; ou uke a poussé sur votre hanche pour le libérer. Les distinguer : demandez à uke à quel moment le bras est sorti. Correction : arrêtez immédiatement la tentative et ouvrez les jambes. Selon le règlement de l’IJF, des jambes autour du cou sans bras à l’intérieur sont sanctionnées par matte et shido. Travaillez ensuite le maintien du bras par la manche, plus haut, pendant que le verrouillage se fait. Évaluer : les répétitions où uke confirme que le bras est resté à l’intérieur du verrouillage jusqu’au relâchement.

« Uke dit qu’il sent une torsion du cou. »

Causes possibles : vous tirez la tête de uke vers le bas avec les mains pour compenser un triangle lâche ; la jambe droite est sur l’arrière de la tête plutôt que sur le cou ; ou uke est plié vers l’avant sous vos jambes. Les distinguer : uke indique où se trouve la pression. Une gêne à l’arrière du cou ou en haut de la colonne, avec peu de pression sur les côtés, est le signal d’alerte. Correction : relâchez complètement. Replacez la jambe droite sur le cou et serrez avec les jambes seulement, les mains sur le bras. Si cela ne produit rien, le problème est la forme du triangle, pas l’effort. Évaluer : trois répétitions lentes avec une pression signalée sur les côtés du cou et aucune traction sur la tête.

« Uke pousse vers l’avant et mes jambes s’effondrent. »

Causes possibles : uke a replié vos hanches au-dessus de vos épaules et appuie son poids sur vous ; votre verrouillage était incomplet quand uke a commencé à avancer ; ou votre tête et votre cou supportent le poids de uke. Les distinguer : le professeur regarde votre propre cou. Si votre menton est poussé contre votre poitrine, c’est vous qui êtes en danger. Correction : arrêtez : ouvrez les jambes et recommencez. À l’exercice, convenez que uke ne vous replie pas sur votre cou. Demandez à votre professeur comment orienter vos hanches pour que le triangle soit complet avant que uke ne puisse pousser vers l’avant. Évaluer : moins de tentatives effondrées, à opposition convenue identique.

« Le verrouillage est en place mais rien ne se passe. »

Causes possibles : le triangle enferme le bras mais le cou n’est pas bien serré contre lui, si bien que le serrage se referme sur du vide ; vos jambes appuient sur la mâchoire ou le visage ; ou uke a tourné la tête pour soulager le côté du cou. Les distinguer : uke indique où il sent les jambes serrer. Correction : relâchez et reconstruisez dans l’ordre : posture, bras, jambe, verrouillage. Ne serrez pas plus fort et ne tirez pas la tête. Évaluer : la fréquence à laquelle uke signale le contact au cou avant que vous ne commenciez à serrer.

Ce que uke fait du bras à l’intérieur décide de l’action suivante

Chaque enchaînement indique le départ, la première action, la réaction de uke, l’action suivante et le moment d’arrêter.

UN BRAS DEDANS → TRIANGLE

Uke avance une main depuis l’intérieur de vos jambes

Départ : vous êtes sur le dos, uke est à genoux entre vos jambes. Première action : cassez la posture de uke avec vos saisies et vos genoux. Réaction : uke pose une main sur votre poitrine ou cherche votre col, en laissant l’autre bras à l’extérieur. Action suivante : tenez le bras à l’intérieur, lancez la jambe droite par-dessus l’épaule du côté du bras extérieur et terminez le verrouillage comme dans la partie 4. Arrêt : si uke retire le bras à l’intérieur avant le verrouillage, ne refermez pas les jambes sur le cou ; revenez au contrôle avec les jambes et les saisies.

ÉTRANGLEMENT → CLÉ DE BRAS

L’étranglement est défendu mais le bras à l’intérieur se tend

Départ : triangle verrouillé, bras à l’intérieur. Première action : serrage lent. Réaction : uke protège son cou en se redressant, et le bras à l’intérieur se tend en travers de votre corps. Action suivante : si votre professeur l’a enseigné et que les règles de votre pratique le permettent, le même triangle peut devenir ude-hishigi-sankaku-gatame, dans lequel vos mains étendent le coude. C’est une autre technique, avec ses propres règles de sécurité : étendez le coude lentement, uniquement au niveau du coude. Arrêt : si vous ne travaillez pas les clés de bras pendant cette séance, relâchez et recommencez au lieu d’improviser.

TRIANGLE → IMMOBILISATION

Uke reste de face et lourd, et l’étranglement ne se ferme pas

Départ : triangle en place, mais uke a une base solide. Première action : serrage léger. Réaction : uke pousse vers l’avant ou sur un côté pour soulager son cou. Action suivante : les professeurs enseignent à faire rouler uke, le triangle toujours en place, pour finir dessus. Selon la définition de l’osaekomi par l’IJF, les « situations de sankaku » font partie des positions d’immobilisation reconnues, mais seulement si vous contrôlez le haut du corps de uke comme l’exige une immobilisation. Arrêt : si la roulade risque de tordre le cou de uke, ouvrez d’abord les jambes.

UKE EN BOULE → ENTRÉE EN TRIANGLE

Uke à quatre pattes, la tête tournée vers vous

Départ : uke en boule, tourné vers votre flanc ou face à vous. Première action : l’entrée que votre professeur enseigne pour faire passer une jambe par-dessus une épaule. Réaction : uke rentre le bras proche et baisse la tête. Action suivante : si un bras est à l’intérieur, terminez le verrouillage et choisissez entre l’étranglement et un retournement selon la réaction de uke. Arrêt : si les deux bras finissent à l’extérieur, il n’y a pas de triangle conforme au règlement ; recommencez.

Notez ce que uke a fait quand vous avez refermé les jambes : se redresser, retirer le bras, pousser vers l’avant ou rouler. Ces réactions décident de la suite.

Ne donnez jamais un bras dedans et un bras dehors

Pensez la défense en trois niveaux : la prévention (ne pas offrir la forme), la défense (empêcher le verrouillage ou le serrage) et la sortie (quitter le triangle).

Prévention : la posture et les deux bras ensemble

Quand vous êtes entre les jambes de tori, gardez le dos droit et la tête haute, loin de la poitrine de tori. Gardez les deux mains du même côté des jambes de tori : toutes les deux à l’intérieur, sur le corps de tori, ou toutes les deux à l’extérieur, sur ses genoux. Avancer un seul bras, c’est offrir la forme dont l’étranglement a besoin.

Défense : empêcher le verrouillage de se former

Si la jambe de tori passe par-dessus votre épaule, travaillez à empêcher tori de bloquer son pied droit derrière son genou gauche. Retirer votre bras à l’intérieur avant que le verrouillage ne se ferme supprime le triangle. N’arrachez pas de force un bras d’un triangle fermé pendant le serrage ; tapez plutôt.

Sortie : posture et rotation, comme votre professeur l’enseigne

Les sorties d’un triangle fermé font intervenir la posture, la position des hanches et la libération du bras à l’intérieur. Se relever et soulever tori du tatami n’est pas un exercice pour des débutants encadrés, et en compétition IJF l’arbitre annonce matte quand un athlète debout soulève, sans contact avec le tatami, un adversaire allongé sur le dos qui l’entoure de ses jambes (article 11.2(f)). Apprenez la sortie que votre professeur enseigne et, si la pression monte pendant que vous sortez, tapez.

Contre-prises et risques

N’essayez pas de sortir en projetant violemment tori au sol ou en le soulevant du tatami pour le laisser retomber. N’écrasez pas le cou de tori de votre poids pour faire céder les jambes. Si le bras se libère, tori relâchera probablement de toute façon : attendez le relâchement au lieu d’arracher.

Le triangle, carrefour entre étranglement, clé de bras et immobilisation

En judo, le triangle de jambes relie trois aboutissements différents. Savoir lequel vous visez rend la pratique plus sûre et évite la confusion.

Depuis le dessous, uke entre vos jambes : l’étranglement

L’extrait du Kodokan montre l’étranglement avec tori sur le dos et uke entre ses jambes. Si uke se redresse hors de portée, revenez aux saisies et au travail sur la posture. Si uke se met debout, relâchez ; les étranglements portés depuis la position debout sont arrêtés en compétition IJF.

De l’étranglement à la clé de bras

Quand le bras à l’intérieur se tend, le triangle peut mener à ude-hishigi-sankaku-gatame. Traitez-la comme une compétence distincte, à apprendre dans son propre guide et avec votre professeur, avec ses propres règles de relâchement.

Du triangle à l’immobilisation

Un retournement jambes verrouillées peut vous amener dessus. Le règlement de l’IJF range les « situations de sankaku » parmi les positions dans lesquelles l’osaekomi peut être appliqué, mais il arrête aussi les contrôles qui ne tiennent que la tête et le cou : des jambes autour du cou sans bras à l’intérieur sont sanctionnées par matte et shido. Le bras à l’intérieur compte autant pour l’immobilisation que pour l’étranglement.

Quand le triangle s’ouvre

Si uke libère le bras ou si le verrouillage cède, revenez au contrôle avec les jambes et les saisies, ou retrouvez une position sûre. Ne poursuivez pas le cou avec les jambes seules.

Pour concevoir une séance qui relie ces éléments, voir le guide des exercices de ne-waza et le plan d’entraînement de ne-waza.

Du triangle immobile à la séquence positionnelle en opposition

Ajoutez une difficulté à la fois et convenez des signaux d’arrêt, y compris une tape du pied et un « stop » prononcé, avant chaque étape. Les durées sont des suggestions éditoriales à adapter avec votre professeur.

  1. La forme seule, sans serrage

    Uke est à genoux, tori est allongé. Tori place le bras à l’intérieur, passe la jambe droite par-dessus et fait le verrouillage. Uke dit quel bras est à l’intérieur et où se trouve la jambe. Progressez quand le verrouillage pied derrière le genou est fait au bon endroit trois fois de suite.

  2. Serrage léger et exercice de relâchement

    Tori serre lentement avec les jambes, les mains uniquement sur le bras ; uke signale tôt, en alternant la main, le pied et la voix. Le professeur vérifie que tori ouvre complètement le verrouillage à chaque fois.

  3. Séquence sur la posture, sans triangle

    Uke essaie de se redresser avec une bonne posture ; tori essaie d’amener la tête à portée et de l’y maintenir. Cela isole le premier blocage.

  4. Exercice de décision selon les bras

    Au signal du professeur, uke présente les deux bras dedans, les deux dehors, ou un seul dedans. Tori n’attaque le triangle que lorsqu’un bras est dedans et l’autre dehors. Comptez les bonnes décisions ; aucun serrage.

  5. Séquence positionnelle contrôlée

    Uke se défend avec une défense convenue et s’engage à ne pas replier tori sur son cou. Tori peut fermer le triangle et serrer à intensité contrôlée. Notez trois issues : triangle verrouillé, bras perdu, uke sorti en se redressant.

Que l’étape 5 fonctionne avec un partenaire ne signifie pas qu’elle fonctionnera avec un partenaire plus lourd ou plus souple. Changez une seule variable à la fois.

Qui surveille : un professeur qui peut voir les deux partenaires. Sans professeur, limitez-vous aux étapes 1, 3 et 4.

Deux pistes vidéo de l’IJF, et ce que dit le règlement du triangle

Le 14 octobre 2026, la page technique Sankaku-jime de l’IJF classait les athlètes selon le nombre de combats repérés, avec en tête Damian Szwarnowiecki (Pologne, 9) et Lubjana Piovesana (Autriche, 8). Chaque page d’athlète est intitulée « Sankaku-jime by … » (« Sankaku-jime par … »), ce qui attribue l’action repérée à cet athlète. Nous n’avons vérifié ni si l’action a marqué, ni le minutage, ni aucune tactique, et nous n’avons pas regardé les images.

Championnats du monde de Bakou 2018 : Szwarnowiecki contre Khalmurzaev

La sélection sankaku-jime de l’IJF consacrée à Damian Szwarnowiecki recense son combat (POL, en blanc) contre Khasan Khalmurzaev (RUS, en bleu) aux Championnats du monde seniors de Bakou 2018.

Championnats du monde de Bakou 2026 : Kim contre Piovesana

La sélection sankaku-jime de l’IJF consacrée à Lubjana Piovesana recense son combat (AUT, en bleu) contre Yeji Kim (KOR, en blanc) aux Championnats du monde seniors de Bakou 2026.

Questions à emporter devant les vidéos

  1. L’entrée : l’attaquant était-il dessous, uke entre ses jambes, ou entrait-il sur un adversaire en boule ?
  2. Le bras : quel bras est à l’intérieur du triangle, et y reste-t-il ?
  3. Le verrouillage : voit-on le pied bloqué derrière le genou ?
  4. La suite : l’action se termine-t-elle en étranglement, en clé de bras, en retournement vers une immobilisation, ou par une interruption ?
  5. La fin : ne notez que ce que vous voyez : tape, intervention de l’arbitre ou matte.

Points de règlement que nous avons vérifiés

Nous avons lu le PDF officiel IJF SOR Refereeing Rules (règles d’arbitrage), dans la version que l’IJF référence comme 21.01.2026 (consultée le 14 octobre 2026). Dans cette version : en shime-waza, une « situation de sankaku où l’on saisit la tête avec les jambes uniquement autour du cou », les jambes assistant les saisies « sans aucun bras de l’adversaire », entraîne matte et shido (article 18.1.2, point 26 ; point 27 dans l’édition du 12 mars 2024) ; à l’article 17, un contrôle en ne-waza (travail au sol) avec les jambes autour du cou sans le bras de l’adversaire à l’intérieur entraîne de même matte et shido ; appliquer do-jime, un étranglement du Kodokan répertorié séparément, entraîne hansoku-make (article 18.2.2, point 3) ; un shime-waza porté depuis la position debout est arrêté par matte, et le texte actuel ajoute qu’un shido sera donné (article 11.2(g)) ; toute action susceptible de mettre en danger le cou ou les vertèbres entraîne hansoku-make (article 18.2.2, point 7(a) ; point 8 dans l’édition 2024) ; et un combattant abandonne en tapant deux fois ou plus avec la main ou le pied, ou en disant « maitta » (article 14). L’article 20 ajoute qu’un cadet qui perd connaissance pendant un shime-waza ne peut pas poursuivre la compétition. Rappelez-vous que les règlements nationaux et ceux des jeunes peuvent être différents.

Un piège de vocabulaire : le même règlement mentionne une « kata-sankaku grip » (saisie kata-sankaku), définie comme une saisie du cou et d’une épaule avec les deux bras. C’est une saisie de bras, soumise à ses propres règles en judo debout, et non sankaku-jime.

Trois choses appelées « sankaku »

Qu’est-ce qui finalise l’action ?
NomDe quoi il s’agit
Sankaku-jimeShime-waza du Kodokan. Triangle de jambes autour du cou avec un bras à l’intérieur ; les jambes serrent le cou (définition de l’IJF).
Ude-hishigi-sankaku-gatameKansetsu-waza (clé de bras) du Kodokan (nom de la page de l’IJF : « Sankaku-gatame »). Même type de triangle de jambes, par l’avant, l’arrière ou le côté ; une main ou les deux étendent et contrôlent le coude de uke.
Retournement en sankaku vers une immobilisationPas une technique distincte du Kodokan. Le triangle sert à faire rouler uke ; le résultat est jugé comme un osaekomi, et le règlement de l’IJF range les situations de sankaku parmi les positions d’immobilisation.
Kataha-jime et autres étranglements par-derrièreÉtranglements avec le bras et le revers, portés derrière uke. Ils partagent le classement parmi les shime-waza, pas la mécanique.

Étiquettes de direction : les professeurs parlent de triangles par l’avant (mae), par le côté (yoko) et par l’arrière ou inversés (ushiro, ura), selon la direction depuis laquelle les jambes sont appliquées. Ce sont des noms informels. Si les jambes forment le triangle autour du cou et d’un bras et que ce sont elles qui étranglent, il s’agit toujours de sankaku-jime ; si les mains étendent le coude, c’est la clé de bras.

Pas un ciseau de jambes : croiser les chevilles autour du cou seul, ou serrer le tronc avec les jambes croisées, ce n’est pas sankaku-jime. Do-jime est un étranglement distinct du Kodokan que le règlement de l’IJF sanctionne par hansoku-make, et des jambes autour du cou sans bras à l’intérieur sont pénalisées.

Autres sports : le triangle est courant dans d’autres sports de combat au sol, avec d’autres règles. La règle du judo sur le bras à l’intérieur, son matte pour les étranglements debout et son matte quand un adversaire allongé est soulevé sans contact avec le tatami s’appliquent ici ; n’importez pas d’autres règlements.

Un seul axe : un bras dedans, un bras dehors

Utilisez ce relevé pour une séance construite autour de l’exercice de décision de la partie 10.

Situation
Tori sur le dos, uke à genoux entre ses jambes ; opposition contrôlée ; uke ne replie pas tori sur son cou.
Mon axe de travail
N’attaquer le triangle que lorsqu’un bras de uke est dedans et l’autre dehors.
Ce que j’ai remarqué
Combien de fois le bras était-il encore à l’intérieur quand j’ai verrouillé ? Mon pied s’est-il bloqué derrière mon genou ? Uke a-t-il signalé une pression à l’arrière du cou ?
Question pour le professeur
« Quel bras devrait être à l’intérieur dans votre version, et où devraient être mes hanches compte tenu de la longueur de mes jambes ? »
Décision suivante
Rester sur le travail de la posture, passer à la séquence contrôlée, ou apprendre la suite en retournement.

Exemple fictif, pas des données mesurées : « Dix départs. J’ai verrouillé le triangle quatre fois ; le bras était à l’intérieur à chaque fois, mais uke s’est relevé hors de portée sur deux autres avant que ma jambe ne monte. Séance suivante : d’abord des séquences sur la posture, puis l’exercice de la forme. »

Conservez vos notes dans le modèle de carnet d’entraînement ou dans Judo AI, et notez ce que uke a fait quand les jambes se sont refermées.

Sources, auteur et relecture

Le nom, les kanji et le classement viennent de la liste des noms de techniques du Kodokan, qui range aussi ude-hishigi-sankaku-gatame parmi les kansetsu-waza et do-jime parmi les shime-waza. Le triangle de jambes vient de la définition de sankaku-jime par l’IJF, et la comparaison avec la clé de bras de la définition de Sankaku-gatame par l’IJF (toutes deux consultées le 14 octobre 2026). Les références au règlement proviennent des IJF SOR Refereeing Rules, version référencée comme 21.01.2026 et consultée le 14 octobre 2026, accessibles depuis la page des documents de l’IJF.

Par Judo AI · Relecture éditoriale de la version anglaise : 14 octobre 2026 · Version française : 15 octobre 2026. Les suggestions pédagogiques, les diagnostics et les exercices sont des propositions éditoriales pour une pratique encadrée, pas un programme validé. Aucun professeur nommément identifié n’a relu cette page. L’extrait du Kodokan a été parcouru à intervalles de quelques secondes ; la vidéo pédagogique n’est citée qu’à travers son titre, sa description et la liste de chapitres de l’éditeur. Prévisualisation éditoriale en français.

Non vérifié : quel bras de uke est à l’intérieur dans la forme du Kodokan (la formulation de l’IJF ne nomme que les jambes, et les angles de l’extrait ne nous ont pas permis de trancher) ; les saisies et l’angle des hanches recommandés ; le contenu des chapitres de la vidéo pédagogique ; les scores ou le minutage dans les deux sélections de l’IJF.

Guides de katame-waza associés : ude-hishigi-sankaku-gatame (la clé de bras en triangle), kataha-jime, okuri-eri-jime et hadaka-jime (étranglements), ude-hishigi-juji-gatame (clé de bras).

Référence officielle des 100 techniques · Guides d’entraînement.