ÉTUDE TECHNIQUE · OSAEKOMI-WAZA

Ushiro-kesa-gatameComment ça marche et comment progresser

Asseyez-vous à côté de uke, tourné vers ses jambes, gardez le bras le plus proche contre votre flanc et votre tronc sur sa poitrine, et attendez-vous à ce que la sortie vienne de derrière votre dos, là où la tête et les épaules de uke ne sont pas entourées.

En japonais
後袈裟固
Signification
Contrôle arrière en travers
Classification
Immobilisation · Osaekomi-waza · Katame-waza
Ce guide
Depuis le côté droit de uke, tori tourné vers les jambes de uke

Un contrôle en travers retourné vers les jambes

Ushiro-kesa-gatame (後袈裟固, contrôle en travers « inversé » ou « arrière ») est un osaekomi-waza, l’une des immobilisations des katame-waza (techniques de contrôle au sol). La définition de l’IJF est courte : une immobilisation semblable à kesa-gatame, « mais exécutée en faisant face aux jambes de votre adversaire au lieu de sa tête » (traduit du texte anglais de l’IJF). Ce changement d’orientation décide quel côté de votre corps touche uke, quelles parties de uke restent libres et d’où vient généralement la sortie.

Notre convention : uke est allongé sur le dos. Vous, tori, êtes assis du côté droit de uke, tourné vers ses pieds : votre hanche et vos côtes gauches sont donc contre le flanc droit et la poitrine de uke. Le bras droit de uke est le bras le plus proche ; son bras gauche est le bras opposé ; sa tête est derrière votre dos. Dans toute cette page, « droit » et « gauche » désignent le membre de la personne nommée. Travailler depuis le côté gauche de uke inverse chaque consigne.

Par rapport à kesa-gatame, la grande différence est qu’aucun bras n’entoure la tête de uke. En kesa-gatame depuis le même côté, le texte de l’IJF fait saisir à la main gauche de tori le judogi sous l’aisselle droite de uke, le bras droit de tori passant derrière la nuque. En ushiro-kesa-gatame, vos bras travaillent au contraire en travers de la poitrine et des bras de uke, et la tête et les épaules de uke sont derrière vous. Cela épargne la nuque, mais cela signifie que s’asseoir, se tourner vers l’intérieur derrière votre dos et pousser sur votre hanche sont les sorties à prévoir dès la première répétition.

À qui s’adresse ce guide : aux judoka qui pratiquent déjà le ne-waza sous encadrement, savent taper et relâcher de façon fiable et connaissent kesa-gatame ; les débutants devraient d’abord l’apprendre avec un professeur. Le Kodokan recense ushiro-kesa-gatame comme une technique à part entière ; ce n’est pas une autre orthographe de kesa-gatame ni de kuzure-kesa-gatame.

Regarder d’abord l’orientation, puis les sorties

KODOKAN · 後袈裟固 / Ushiro-kesa-gatame (série « KODOKAN × IJF ACADEMY » des 100 techniques, 54 s, publiée le 31 janvier 2021)
Ouvrir la vidéo officielle sur YouTube si le lecteur ne s’affiche pas.
KODOKAN · 後袈裟固の逃れ方 / Ushiro-kesa-gatame Escapes (démonstration officielle des sorties, 60 s, publiée le 4 février 2021)
Ouvrir la vidéo sur YouTube si le lecteur ne s’affiche pas.

Les deux vidéos viennent du Kodokan. La première montre l’immobilisation dans la série des 100 techniques « KODOKAN × IJF ACADEMY » ; la seconde est la démonstration, par le Kodokan lui-même, des sorties de cette immobilisation. Nous n’avons vérifié que l’identité, l’éditeur, la durée et la date ; les visionnages ci-dessous sont des questions auxquelles répondre en regardant, pas un résumé de la démonstration.

Premier visionnage : l’orientation. Avant de regarder les mains, confirmez dans quelle direction tori est tourné et quel côté de son tronc touche uke. Notez si la démonstration se fait depuis le côté droit ou gauche de uke ; s’il s’agit du côté gauche, inversez notre convention avant de comparer.

Deuxième visionnage : les deux bras. Repérez où finit le bras le plus proche de uke par rapport au corps de tori, et où va l’autre main de tori en travers du corps de uke. Le texte de l’IJF ne fixe pas ces saisies : notez ce que vous voyez et confirmez-le avec votre professeur.

Troisième visionnage : la base. Regardez les jambes de tori : leur écartement, laquelle est la plus proche des jambes de uke, et si les hanches de tori restent au sol ou se soulèvent.

Vidéo des sorties : arrêtez l’image juste avant que chaque sortie réussisse et nommez le premier contrôle qui a changé ; la partie 8 donne les trois voies de sortie dans lesquelles la classer, et la partie 6 le diagnostic de chacune.

La place de ushiro-kesa-gatame dans un échange au sol

Vous tenez déjà kesa-gatame et uke attaque vos jambes

En kesa-gatame, vos jambes sont près des pieds de uke. Si uke continue de chercher à crocheter votre jambe arrière, tourner les hanches pour faire face aux jambes de uke est une option possible, enseignée par le professeur, à condition de garder le bras le plus proche pendant la rotation. Si uke crochète déjà votre jambe, la rotation risque simplement de lui livrer la jambe ; libérez-la ou protégez-la d’abord.

Vous passez les jambes, ou uke se tourne vers vous depuis le contrôle latéral

Deux arrivées vous laissent du côté droit de uke, le dos tourné vers la tête : un passage qui vous fait arriver face aux hanches, et une rotation vers l’intérieur depuis yoko-shiho-gatame, quand uke ramène le coude le plus proche vers vous. Le repère est le même dans les deux cas : les genoux de uke sont dégagés de votre hanche et le coude droit est encore à l’extérieur de la ligne de votre hanche, assez près pour être piégé. Si l’une de ces conditions manque, l’immobilisation n’est pas encore là (les étapes sont dans la partie 7).

Quand cette immobilisation n’est pas le bon choix

Ne l’utilisez pas quand la tête et les épaules de uke sont déjà décollées du tatami derrière vous, quand le bras le plus proche est libre et fait barrière sur votre hanche, ou quand vous ne pouvez rester au-dessus qu’en vous allongeant en arrière sur le visage ou la nuque de uke. Dans ces cas, reprenez le contrôle latéral ou recommencez la séquence.

Cinq éléments qui maintiennent uke sur le dos

La définition de l’IJF ne fixe que deux choses : une immobilisation de type kesa, avec tori tourné vers les jambes. Les saisies ci-dessous suivent la forme couramment enseignée depuis le côté droit de uke ; comparez chaque élément avec la vidéo du Kodokan et confirmez-le avec votre professeur.

  1. Bras le plus proche : votre bras droit piège le bras droit de uke

    Le bras droit de uke est le plus proche de votre corps. Dans la forme couramment enseignée, vous tenez ce bras contre votre flanc droit, en contrôlant généralement le haut du bras près du coude plutôt que le seul poignet ou le bas de la manche. Le but est d’empêcher le coude de venir entre vos deux corps comme barrière, ou d’atteindre votre hanche opposée. À vérifier : demandez à uke d’essayer de ramener le coude droit vers sa propre hanche. S’il glisse dehors sans que votre tronc bouge, le contrôle est trop bas sur le bras ou trop lâche contre votre flanc. Ne tendez pas le bras en travers de votre corps (voir le dernier problème de la partie 6).

  2. Côté opposé : votre bras gauche passe en travers de la poitrine

    Votre bras gauche passe en travers de la poitrine de uke, vers le côté opposé (la gauche de uke). Il peut passer sous le bras gauche de uke jusqu’à la ceinture ou au côté de la veste, ou contrôler ce bras d’une autre manière ; vérifiez quelle version utilisent la vidéo du Kodokan et votre professeur. Dans les deux cas, le bras gauche empêche uke de se détourner de vous et empêche le bras opposé de passer par-dessus votre dos. À vérifier : uke peut-il soulever l’épaule gauche du tatami pendant que votre bras reste en place ? Si oui, votre avant-bras repose sur uke au lieu de relier le côté opposé à votre tronc.

  3. Tronc : vos côtes gauches et votre dos se posent sur la poitrine de uke

    Comme vous êtes tourné vers les jambes, le contact se fait par le côté gauche et l’arrière de votre cage thoracique contre la poitrine et le flanc droits de uke, et non poitrine contre poitrine. Penchez-vous légèrement en arrière contre uke, pour que le poids se répartisse entre ce contact et vos hanches au sol. À vérifier : si vous êtes assis complètement droit, uke peut respirer, se soulever et tourner facilement. Si uke sent votre poids sur le visage ou la gorge, vous vous êtes trop penché et vous n’immobilisez plus le tronc.

  4. Hanches et jambes : une base large qui peut pivoter

    Asseyez-vous les hanches près du flanc de uke, les jambes assez écartées pour empêcher un renversement dans un sens comme dans l’autre, vers votre dos ou par-dessus votre avant. Une jambe sera plus proche des jambes de uke ; gardez ce genou plié et surveillez-le. À vérifier : demandez à uke un pont lent et convenu. Si vous basculez et posez une main au sol, votre base est étroite ou vos hanches sont trop loin de uke. Si les pieds de uke atteignent sans grand effort votre jambe la plus proche, cette jambe est trop près.

  5. Tête et regard : regarder les jambes, sentir la tête

    Vous faites face aux hanches et aux jambes de uke : vous voyez donc venir une attaque de jambes, mais pas le redressement derrière vous. Gardez la tête assez haute pour lire les hanches de uke, et servez-vous du contact contre votre dos pour sentir les épaules se lever. À vérifier : pendant une séquence coopérative, demandez à uke de commencer à se redresser. L’avez-vous senti par le dos avant que les épaules ne quittent le tatami ?

Quatre repères de moment, chacun avec sa vérification

La partie 4 décrit où va chaque élément. Ces repères portent sur l’ordre et la réaction : ce qu’il faut faire en premier, et ce que chacun des mouvements de uke devrait déclencher.

  • Piéger le coude le plus proche avant que votre hanche ne se pose. Le bras droit prend le haut du bras droit de uke pendant que vous êtes encore en train de tourner ; la hanche gauche s’installe ensuite. À vérifier : sur une série d’entrées coopératives, demandez à uke si le coude a été libre, ne serait-ce qu’une fois, au moment où votre hanche a touché son flanc.
  • Répondre au pont en déplaçant la base, jamais en posant la main qui piège. Écartez la base et déplacez-vous vers le pont pendant que le bras droit reste sur le bras le plus proche. À vérifier : pendant un pont convenu, un observateur ne regarde que votre main droite ; si elle touche le tatami, le bras a été lâché.
  • Traiter la rotation des hanches de uke vers vous comme le signal des jambes. Faites pivoter votre genou le plus proche pour l’éloigner dès que les hanches tournent, avant que les pieds n’arrivent. À vérifier : filmez depuis le côté des pieds et comparez l’image où les hanches commencent à tourner avec celle où votre jambe bouge.
  • Quand deux contrôles ont disparu, changer d’immobilisation au lieu de réparer. Un contrôle perdu peut être reconstruit sur place ; deux (par exemple le bras le plus proche et le contact du tronc) renvoient à la branche de la partie 7 correspondant à cette réaction. À vérifier : le professeur signale la séquence où vous avez continué à serrer après la seconde perte.

Les vérifications reposent volontairement sur le retour de uke ou d’un observateur : dans cette immobilisation, le judoka du dessus tourne le dos à la tête ; tori se sent donc souvent en sécurité alors que uke soulève déjà une épaule derrière lui.

Pourquoi ushiro-kesa-gatame cède

Nommez le premier contrôle qui a changé, pas la dernière chose qui s’est produite, et testez chaque ajustement avec le même partenaire, une seule sortie et une résistance convenue.

« Uke s’assoit derrière mon dos. »

Causes possibles : votre contact du tronc est trop bas, près du ventre de uke, si bien que les épaules sont libres ; vous êtes assis droit sans vous pencher en arrière ; ou le bras du côté opposé ne maintient pas l’épaule gauche au sol. Les distinguer : regardez depuis le côté de la tête. Si la tête et les épaules de uke se soulèvent ensemble alors que votre dos est sur son ventre, le contact est trop bas. Si une épaule (généralement l’épaule opposée) se lève en premier, examinez votre bras gauche.

Correction : faites remonter vos hanches et le contact de votre dos vers la ligne des aisselles de uke, puis penchez-vous de nouveau en arrière. Évaluer : fixez à l’avance un bloc de séquences dans lequel uke ne tente que le redressement, avec un effort convenu ; notez si les épaules ont quitté le tatami, puis répétez le même bloc depuis votre ancienne position et comparez.

« Le bras le plus proche sort de mon contrôle. »

Causes possibles : vous tenez le bas de la manche ou le poignet, si bien que uke plie le coude et le retire ; votre bras droit serre, mais votre hanche est éloignée du flanc de uke, ce qui laisse un espace par où tirer ; ou vous lâchez pour poser une main au sol quand uke fait le pont. Les distinguer : demandez à uke ce qui a bougé en premier, le coude ou tout le bras. Vérifiez aussi si votre main droite a quitté le bras pendant un pont.

Correction : pour la saisie au bas de la manche, déplacez le contrôle sur le haut du bras ; pour l’espace, faites glisser votre hanche jusqu’à ce qu’elle touche le flanc de uke ; pour l’appui au sol, reportez-vous au repère sur le pont de la partie 5. Ne changez que l’élément qui correspond à la cause. Évaluer : uke ne tente que la récupération du bras. Comptez, avant et après le changement, les séquences où le coude dépasse la ligne de votre hanche.

« Uke fait le pont et je bascule en arrière. »

Causes possibles : la jambe du côté vers lequel vous tombez est trop peu écartée ; vous vous penchez tellement en arrière que votre poids est sur uke plutôt qu’à côté ; ou vous recevez le pont avec les bras raides. Les distinguer : notez la direction. Basculer vers votre dos (la tête de uke) indique généralement que vous vous penchez trop ; basculer par-dessus votre avant indique que la jambe avant ne peut pas vous rattraper.

Correction : soit élargissez la base du côté vers lequel vous avez basculé, soit réduisez légèrement l’inclinaison ; pas les deux à la fois. Évaluer : un nombre fixe de ponts lents convenus, puis le même nombre avec un effort un peu plus élevé, en notant si vous avez posé une main au sol.

« Les jambes de uke attrapent ma jambe avant. »

Causes possibles : votre jambe la plus proche est tendue vers les pieds de uke ; vos hanches ont glissé vers la taille de uke quand vous vous êtes assis ; ou vous avez regardé le haut du corps et manqué la rotation des hanches de uke vers vous. Les distinguer : filmer depuis le côté des pieds montre si la jambe était à portée avant que uke ne bouge, ou si elle l’est devenue parce que vous avez glissé.

Correction : si la jambe était à portée dès le départ, ramenez le pied le plus proche derrière vos hanches pour que le genou reste plié ; si vous avez glissé, réinstallez vos hanches au niveau des côtes de uke plutôt que de la taille. Si la jambe est déjà prise, utilisez le dégagement que votre professeur a enseigné ; ne sortez jamais en tordant un genou pris alors que du poids repose dessus. Évaluer : uke essaie seulement d’atteindre votre jambe avec les pieds, depuis un départ fixe, et vous comptez les premiers contacts.

« Uke dit que le coude ou l’épaule piégés lui font mal. »

Causes possibles : le bras le plus proche est tendu en travers de votre corps ou plié contre l’articulation ; ou votre inclinaison appuie sur l’épaule plutôt que sur la poitrine. Réponse : relâchez immédiatement quand uke tape ou parle, puis reconstruisez l’immobilisation sous le regard du professeur. Un abandon en tapant causé par une douleur articulaire signifie que l’immobilisation est devenue une clé de bras que personne n’avait convenu de travailler, pas que l’immobilisation a fonctionné.

Entrer, puis changer d’immobilisation quand uke réagit

Chaque branche commence en coopération : uke produit la réaction nommée quand on la lui demande, et ce n’est que plus tard qu’il choisit librement sa réaction.

ENTRÉE EN USHIRO-KESA-GATAME

Kesa-gatame → ushiro-kesa-gatame quand uke cherche vos jambes

Départ : kesa-gatame depuis le côté droit de uke, tel que l’IJF le décrit : votre main gauche saisit le judogi sous l’aisselle droite de uke, votre bras droit passe derrière la nuque. Réaction : uke tourne les hanches vers vous et ses pieds commencent à chercher votre jambe arrière. Action suivante : gardez le bras le plus proche contre votre corps pendant que vous pivotez sur les hanches vers les jambes de uke. Votre bras droit sort de derrière la nuque et prend le haut du bras droit de uke avant que votre main gauche ne lâche sous l’aisselle ; votre bras gauche passe ensuite en travers de la poitrine. N’ayez jamais les deux mains hors du bras le plus proche en même temps, et éloignez vos jambes des pieds de uke pendant la rotation. (Cet échange de mains est notre lecture des deux orientations, pas une séquence tirée d’une source ; vérifiez-le avec votre professeur.) Arrêt : si le pied de uke a déjà crocheté votre jambe, ou si le bras le plus proche se libère pendant le pivot, arrêtez et recommencez.

ENTRÉE EN USHIRO-KESA-GATAME

Passage du côté droit → s’asseoir tourné vers les jambes

Départ : vous avez passé les jambes de uke de son côté droit, avec un contact de la poitrine. Réaction : uke se tourne vers vous et ramène le coude droit pour bloquer votre hanche. Action suivante : si le coude est encore à l’extérieur de votre hanche, piégez-le avec votre bras droit et asseyez votre hanche gauche contre le flanc de uke, tourné vers les jambes. Passez ensuite votre bras gauche en travers. Arrêt : si le coude ou un genou est déjà entre vous, gardez le contrôle latéral et travaillez sur la barrière.

CHANGEMENT DEPUIS USHIRO-KESA-GATAME

Ushiro-kesa-gatame → kesa-gatame quand uke travaille sur votre dos

Départ : l’immobilisation telle que décrite. Réaction : uke pousse sur votre dos avec la main opposée ou essaie de s’asseoir derrière vous, et ses jambes ne menacent pas. Action suivante : pivotez dans l’autre sens pour faire face à la tête de uke. Votre bras droit passe derrière la nuque jusqu’au judogi derrière l’épaule, et votre main gauche prend le judogi sous l’aisselle droite de uke, comme dans la description de kesa-gatame par l’IJF. Arrêt : si uke est déjà assis au-delà de votre épaule, la rotation risque de lui donner votre dos ; reprenez plutôt une position au-dessus.

CHANGEMENT DEPUIS USHIRO-KESA-GATAME

Ushiro-kesa-gatame → côté tête quand uke s’assoit

Départ : l’immobilisation, votre bras gauche en travers de la poitrine de uke. Réaction : uke soulève les épaules et se tourne vers votre dos. Action suivante : vous faites déjà face aux pieds, comme dans les immobilisations côté tête. Faites glisser vos hanches autour de la tête de uke en gardant le dos contre sa poitrine, et utilisez votre bras gauche sous l’épaule opposée pour une saisie à la ceinture, en visant kami-shiho-gatame, ou piégez le bras le plus proche par-dessus pour kuzure-kami-shiho-gatame. Arrêt : si votre dos quitte uke pendant le glissement, uke s’assoit généralement dans l’espace. Dans les premières séquences, arrêtez-vous là et répétez le glissement.

CHANGEMENT DEPUIS USHIRO-KESA-GATAME

Ushiro-kesa-gatame → contrôle latéral quand les hanches de uke tournent vers vous

Départ : l’immobilisation. Réaction : uke tourne les hanches vers vous et monte un genou vers votre dos ou votre hanche. Action suivante : tournez la poitrine vers le bas, sur la poitrine de uke, en ramenant vos jambes en arrière, vers yoko-shiho-gatame. Le contrôle du bras le plus proche doit généralement être abandonné pendant la rotation ; établissez les nouveaux contrôles avant de le lâcher. Arrêt : un genou complètement passé en travers de votre ventre signifie que uke est revenu en garde ; recommencez.

Sortir d’une immobilisation qui laisse la tête libre

Prévention : garder le coude le plus proche et empêcher tori de s’asseoir

Pour uke, le meilleur moment est avant que tori ne s’installe : gardez le coude droit serré contre vos propres côtes pendant que tori tourne, et tournez-vous vers tori avant que sa hanche n’arrive.

Sortie : utiliser la tête et les épaules libres

Ushiro-kesa-gatame ne contrôle pas votre tête : les voies de sortie découlent donc de ce que tori peut atteindre et de ce qu’il ne peut pas atteindre. Chaque voie attaque un contrôle et s’ouvre grâce à une erreur précise de tori :

  • Épaules qui se redressent derrière tori. Attaque le contact du tronc. Voie ouverte quand le dos de tori repose sur votre ventre plutôt que sur votre poitrine, ou quand tori est assis droit. Il faut d’abord que votre épaule opposée (gauche) soit libérée du bras gauche de tori.
  • Récupération du bras le plus proche, puis rotation vers l’intérieur. Attaque le piège sur votre bras droit. Voie ouverte quand tori tient le poignet ou le bas de la manche, ou quand sa hanche est éloignée de votre flanc. Une fois le coude entre les deux corps, tourner vers tori devient possible.
  • Les jambes vers la jambe la plus proche de tori. Attaque la base. Voie ouverte quand la jambe la plus proche de tori est tendue vers vos pieds ou que ses hanches ont glissé vers votre taille.

Quand vous regardez la vidéo des sorties du Kodokan, classez chaque sortie que vous voyez dans l’une de ces voies, ou notez qu’elle n’entre dans aucune, et demandez à votre professeur laquelle apprendre en premier. Un pont qui n’ouvre aucune de ces voies ne fait généralement que vous fatiguer.

Contre-prise : le dos de tori est exposé

Comme tori tourne le dos à votre tête, un redressement réussi peut vous placer derrière le dos de tori au lieu de simplement vous libérer. Transformer cela en renversement ou en contrôle du dos est une compétence à part, qui demande son propre enseignement ; elle ne doit jamais être terminée en tirant la tête ou la nuque de tori vers l’arrière.

Abandon en sécurité

Pour tori : une fois que les épaules de uke sont dégagées et qu’il se tourne vers l’intérieur, votre dos est la cible ; changez d’immobilisation (partie 7) plutôt que de vous pencher plus fort en arrière. Pour uke : arracher un genou pris ou forcer la sortie d’un bras piégé contre l’articulation ne sont pas des sorties à travailler.

Que faire quand la position change

Uke libère le bras le plus proche mais reste à plat

Le bras droit récupéré de uke se trouve maintenant à côté de votre hanche gauche : il peut la repousser ou passer par-dessus votre dos vers votre épaule opposée. Soit vous piégez de nouveau le haut du bras avec votre bras droit en gardant votre inclinaison, soit vous tournez la poitrine vers le bas en contrôle latéral avant que le bras qui pousse ne se tende. Rester assis avec le bras libre laisse à uke la rotation vers l’intérieur.

Uke se détourne sur le côté gauche

Votre bras gauche en travers de la poitrine est la seule chose qui empêche cette rotation. Si uke tourne quand même, suivez avec la poitrine sur l’arrière des épaules de uke et utilisez un retournement enseigné par le professeur ; ne ramenez jamais uke en tirant sur sa tête.

Uke s’assoit derrière vous

Si le contact subsiste, la branche côté tête de la partie 7 s’applique. Si uke est déjà assis au-delà de votre épaule, il n’y a plus d’immobilisation à sauver : tournez-vous face à uke pour que votre dos ne soit plus exposé, et traitez l’échange comme un nouveau travail de saisie ou une reprise, selon ce qui a été convenu pour la séquence.

Uke prend une jambe

Gardez le contrôle du haut du corps, libérez la jambe par une action enseignée par le professeur et reconstruisez. Savoir si un arbitre compterait encore l’immobilisation est une question de règlement à voir avec votre professeur.

Les clés de bras et les étranglements sortent du cadre de cette page. Le bras le plus proche est tenu contre votre corps, mais le transformer en clé, par exemple ude-garami, est une technique distincte dont le règlement (y compris d’éventuelles limites selon la catégorie d’âge) doit être vérifié séparément, et elle est étudiée dans son propre guide.

D’une immobilisation statique à un choix

  1. Construire et décrire l’immobilisation

    En coopération. Tori construit l’immobilisation depuis le côté droit de uke ; uke indique où il sent le poids. Passez à l’étape suivante quand les deux partenaires savent nommer le contrôle du bras le plus proche, le contrôle du côté opposé et le contact du tronc, et que le professeur a vérifié que la nuque est libre.

  2. Une seule sortie, faible résistance

    Uke utilise une seule sortie de la référence du Kodokan, choisie par le professeur. Tori ne répond qu’avec la base et l’inclinaison, sans changer d’immobilisation. Passez à l’étape suivante quand tori sait dire, dans la plupart des séquences, quel contrôle la sortie a attaqué en premier.

  3. Deux sorties, au choix de uke

    Uke choisit entre le redressement derrière tori et une sortie par les jambes. Passez à l’étape suivante quand la première réponse de tori correspond à la menace plus d’une fois sur deux, selon le jugement du professeur.

  4. Séquences d’une immobilisation à l’autre

    Tori peut passer à kesa-gatame, à une immobilisation côté tête ou au contrôle latéral (partie 7). Uke marque un point en redressant les épaules, en libérant le bras ou en attrapant la jambe. Tori ne marque un changement que si le bras le plus proche ou le contact du tronc y a survécu. Passez à l’étape suivante quand tori choisit sans qu’on le lui souffle kesa-gatame contre une pression sur le dos et le côté tête contre le redressement.

  5. Entrées face à un uke qui se défend

    Partez du passage ou de kesa-gatame, pas d’une immobilisation installée. Uke défend le coude le plus proche avant que tori ne s’asseye. Si tori tient bien à l’étape 3 mais piège rarement le coude ici, le bloc suivant devrait travailler l’entrée, pas l’immobilisation.

Règles de la séquence à convenir d’abord : la position de départ, les sorties autorisées, ce qui met fin à la séquence (sortie, changement d’immobilisation, abandon en tapant ou temps fixé par le professeur) et les conditions d’arrêt : un abandon en tapant ou une demande d’arrêter à voix haute (relâchez aussitôt), une douleur, un genou ou un bras coincé. La durée de la séquence est une contrainte d’entraînement, pas une durée officielle d’osaekomi ; vérifiez le temps de compétition actuel avec votre professeur. Voir aussi le guide des exercices de ne-waza et le plan d’entraînement en ne-waza.

Deux sélections de vidéos de l’IJF à étudier

Nous avons vérifié le 10 octobre 2026 deux pages de techniques d’athlètes de l’IJF portant l’étiquette ushiro-kesa-gatame. Vérifié : chaque page existe, porte le titre cité, qui attribue l’action étiquetée à l’athlète qu’il nomme, et mentionne le combat nommé. Non vérifié : ce que montre la vidéo, le score, le temps et la tactique. Nous n’avons pas regardé ces vidéos : cette partie propose des questions de visionnage, pas une analyse.

Cerić contre Kim, Grand Chelem de Düsseldorf 2020

La page de l’IJF intitulée « Ushiro-kesa-gatame by CERIC Larisa » mentionne sous cette étiquette de technique le combat du Grand Chelem de Düsseldorf 2020 entre Larisa Cerić (BIH) et Ha-yun Kim (KOR).

Korrel contre Sapargaliyev, Grand Chelem de Bakou 2024

La page de l’IJF intitulée « Ushiro-kesa-gatame by KORREL Michael » mentionne sous cette étiquette de technique le combat du Grand Chelem de Bakou 2024 entre Michael Korrel (NED) et Adilet Sapargaliyev (KAZ).

Questions à poser en regardant les vidéos

  • L’arrivée : celui qui immobilise est-il arrivé déjà tourné vers les jambes, ou a-t-il tourné depuis une position face à la tête ? S’il a tourné, le bras le plus proche est-il resté piégé pendant la rotation ?
  • Le bras le plus proche : où se trouve le coude le plus proche du judoka du dessous une fois l’immobilisation annoncée, et bouge-t-il pendant l’immobilisation ?
  • La tête libre : le judoka du dessous essaie-t-il de se redresser ou de se tourner vers l’intérieur derrière celui qui immobilise, et comment l’inclinaison ou la position des hanches de ce dernier change-t-elle en réponse ?
  • Les jambes : la position des jambes de l’un ou l’autre judoka change-t-elle pendant l’immobilisation, et celui qui immobilise éloigne-t-il une jambe des pieds du judoka du dessous ?
  • Les limites : écrivez « pas clair » pour tout ce que la caméra ne montre pas.

Utilisez la liste de contrôle pour l’analyse vidéo des combats afin de garder l’observation séparée de l’interprétation. Les combats passés étaient régis par le règlement de l’époque.

Trois contrôles en travers qui ne sont pas interchangeables

Immobilisations de type kesa depuis le côté droit de uke
ImmobilisationTori fait face àCe qui est contrôléPrincipale menace à prévoir
Kesa-gatameLa tête de ukeLa main gauche de tori saisit le judogi sous l’aisselle droite de uke ; le bras droit passe derrière la nuque jusqu’au judogi derrière l’épaule (IJF)La prise d’une jambe et un pont vers le côté de la tête de tori
Kuzure-kesa-gatameLa tête de ukeForme retenue dans son guide : bras le plus proche tenu par le bras gauche de tori ; bras droit de tori passé sous l’aisselle gauche de uke (contrôle sous l’aisselle opposée) au lieu d’entourer la nuqueLe coude le plus proche qui revient en barrière, puis la rotation vers tori
Ushiro-kesa-gatameLes jambes de ukeBras le plus proche contre le flanc de tori ; côté opposé contrôlé par le bras gauche de tori en travers de la poitrine ; inclinaison du tronc sur la poitrineLe redressement et la rotation vers l’intérieur derrière le dos de tori ; la récupération du bras

Pourquoi l’orientation compte : faire face aux jambes vous montre les hanches de uke et garde vos jambes loin de ses pieds, mais laisse la tête libre derrière vous ; kesa-gatame fait le compromis inverse, et c’est pourquoi les deux fonctionnent en paire.

Ce n’est pas kuzure-kesa-gatame : dans les deux cas, un bras va vers le côté opposé de uke au lieu d’entourer la nuque. En kuzure-kesa-gatame, c’est le bras droit de tori, tourné vers la tête ; ici, c’est le bras gauche de tori en travers de la poitrine, tourné vers les jambes, le bras le plus proche étant tenu par le bras droit. Si vos notes disent seulement « contrôle sous l’aisselle opposée », notez aussi dans quelle direction vous étiez tourné.

Variantes de saisie : la main gauche peut aller à la ceinture, à la veste ou au bras opposé de uke. Notez laquelle, car chacune change la façon dont uke peut se détourner.

Noms informels : « reverse scarf hold » et « reverse kesa » (littéralement : contrôle en écharpe inversé, kesa inversé) sont des noms anglais courants. Le terme des sports de combat au sol « reverse side control » (littéralement : contrôle latéral inversé) ne désigne ni les saisies ni une immobilisation reconnue.

Trouver où commence la sortie

Tâche : six courtes séquences de travail positionnel depuis l’immobilisation, du côté droit de uke. Uke utilise une seule sortie choisie par le professeur, avec un effort convenu. Tori peut ajuster la base et l’inclinaison, mais ne change pas d’immobilisation.

Relevé
Pour chaque séquence : premier contrôle perdu (bras le plus proche / côté opposé / épaules redressées derrière / base basculée / jambe atteinte) et résultat (tenu / sortie / arrêt).
Question pour le professeur
« Mon contact sur la poitrine de uke est-il au bon endroit, ou est-ce que je perds d’abord le bras le plus proche ? »
Décision suivante
Si une cause domine, corrigez celle-là dans le bloc suivant. Si l’immobilisation résiste maintenant à la première sortie, ajoutez la seconde (étape 3).

Exemple fictif, pas des données d’entraînement mesurées : « Six séquences contre le redressement. Dans quatre, les épaules de uke se sont relevées derrière moi alors que mon dos était sur son ventre. Dans deux, j’ai tenu. Bloc suivant : même sortie, je fais remonter mes hanches jusqu’à la ligne des aisselles avant de me pencher en arrière, et le professeur regarde depuis le côté de la tête. »

Conservez le relevé avec vos autres notes d’entraînement dans le modèle de carnet d’entraînement ou dans Judo AI : notez le premier contrôle perdu, pas le temps d’immobilisation.

Sources, auteur et relecture

Par Judo AI · Relecture éditoriale de la version anglaise : 10 octobre 2026 · Version française : 13 octobre 2026. L’orientation vient de la définition de l’IJF. Les détails de bras et de saisie de la partie 4 suivent la forme couramment enseignée et sont signalés pour vérification avec la démonstration du Kodokan et votre professeur. Les diagnostics, les branches de changement d’immobilisation et les séquences sont des propositions éditoriales pour une pratique encadrée, pas un protocole validé. Aucun professeur technique nommément identifié n’a encore relu cette page. Prévisualisation éditoriale en français.

Règlement et portée : ce guide est un guide d’étude, pas un manuel d’arbitrage. La durée des immobilisations, ce qui compte comme un osaekomi valable et les restrictions selon la catégorie d’âge ne sont pas précisés ici ; vérifiez le règlement actuel de l’IJF et de la compétition avec votre professeur.

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