01 / L’ESSENTIEL
Bras croisés, deux mains différentes
Kata-juji-jime est le troisième des douze shime-waza (étranglements) du groupe des katame-waza (techniques de contrôle au sol) dans la liste des noms de techniques du Kodokan, juste après nami-juji-jime et gyaku-juji-jime. « Juji » désigne une croix, celle des avant-bras croisés ; « kata » signifie ici un seul côté, ou la moitié. L’IJF donne en anglais le nom « half cross-handed strangle » (étranglement à mains à moitié croisées).
La définition de l’IJF dit : « Un étranglement. Face à votre adversaire, croisez les bras pour saisir son revers gauche avec votre main gauche, doigts à l’intérieur, et son revers droit avec votre main droite, pouce à l’intérieur, puis étranglez-le en utilisant les actions » (traduit du texte anglais de l’IJF). À la date où nous l’avons consultée, la phrase publiée s’arrête là ; cette page ne complète donc pas le texte de l’IJF de mémoire. Ce que le texte fixe, c’est la saisie : une main entre doigts en premier, ce qui tourne cette paume vers le haut, vers vous, et l’autre entre pouce en premier, ce qui tourne cette paume vers le bas.
Cette saisie mixte fait toute l’identité de la technique. En nami-juji-jime, l’IJF place les deux pouces à l’intérieur, si bien que les deux paumes sont tournées vers le bas. En gyaku-juji-jime, les deux mains entrent doigts en premier, si bien que les deux paumes sont tournées vers le haut. Kata-juji-jime prend une main de chacun : c’est pourquoi son nom veut dire « à moitié » croisé, et pourquoi la sensation qu’il produit sur le cou de uke n’est pas une simple copie de l’un ou l’autre de ses voisins.
À qui s’adresse ce guide : aux judoka qui pratiquent déjà le ne-waza (travail au sol) sous encadrement et à qui un professeur a montré les shime-waza. Les étranglements ne s’apprennent pas seul à partir d’un texte. À chaque répétition, le partenaire peut taper ou dire « stop », et tori ouvre immédiatement les deux mains ; la pratique ne se poursuit jamais vers la perte de connaissance. Le règlement des étranglements dépend de la catégorie d’âge et de la compétition : vérifiez donc ce qui s’applique à vous avant de l’utiliser en combat.
Noms que vous rencontrerez : kata juji jime, kata-juji-jime, « half cross strangle » et « half cross-handed strangle » (noms anglais) désignent la même technique du Kodokan. Certains supports pédagogiques appellent le groupe des juji-jime « cross chokes » ou « lapel chokes » (étranglements croisés, étranglements aux revers) ; ce sont des descriptions, pas des techniques distinctes.
02 / VOIR LA TECHNIQUE
La vidéo du Kodokan et un cours sur les trois étranglements croisés
Ouvrir la vidéo officielle sur YouTube si le lecteur ne s’affiche pas.
Nous avons examiné cette vidéo le 14 octobre 2026 en prélevant des images fixes sur toute sa durée, et non en la visionnant en continu ; les observations ci-dessous se limitent donc à ce que montrent ces images. La démonstration commence avec les deux pratiquants à genoux, puis assis face à face, avant de passer à uke allongé sur le dos, tori à genoux à cheval sur lui. Dans un plan rapproché de la partie à genoux, la première main va loin autour du côté du cou de uke, bien au-delà de l’avant du col. Dans la partie au sol, le haut du corps de tori descend au-dessus de uke pendant que les avant-bras croisés se referment sur le cou, si bien que la tête de tori finit à côté de celle de uke. La vidéo contient aussi un court passage de comparaison sous-titré « Nami-juji-jime », puis un passage de kata-juji-jime avec le sous-titre « 1 Thumb out / 1 Thumb in » (un pouce dehors, un pouce dedans).
En la regardant, suivez quatre questions dans l’ordre : jusqu’où la première main va-t-elle avant que la seconde ne parte ; quelle main est paume vers le haut ; où va la poitrine de tori quand la pression arrive ; et à quelle vitesse une tape de uke serait-elle visible. Notez « non visible » tout ce que la caméra cache.
Ouvrir la vidéo sur YouTube. Référence pédagogique indépendante, distincte de la démonstration officielle.
Nous n’avons pas visionné ce cours et ne lui attribuons aucune consigne précise. Le cours couvre les trois étranglements croisés ; seule une partie de sa liste des chapitres publiée par l’éditeur concerne donc cette page. Les chapitres que nous utilisons ici sont : fermer la circulation du sang, pas celle de l’air (0:18) ; peu importe quelle main est au-dessus (0:32) ; garder les coudes fléchis (2:02) ; travail du fusegi (la défense) et quatre sorties (de 3:02 à 5:24) ; en général, on attaque avec un bras à la fois (5:50) ; kata-juji-jime comme fusegi depuis le dessous (6:21) ; une solution quand ça bloque (7:05) ; ces techniques se font en général depuis le dessous (7:34) ; et « roll, roll, roll » (rouler, rouler, rouler) (8:01). Ces temps sont les repères de l’éditeur, pas des minutages que nous avons vérifiés.
Deux titres de chapitres orientent ce guide. Comme le cours dit que la main du dessus n’a pas d’importance, notre convention fixe seulement quelle main est paume vers le haut et laquelle est paume vers le bas, pas quel avant-bras passe au-dessus. « Generally done from the bottom » (se font en général depuis le dessous) et « as fusegi from the bottom » (comme fusegi depuis le dessous) indiquent que ce groupe s’enseigne depuis le dessous autant que depuis le dessus, ce qui explique pourquoi la partie 3 traite les deux. Une autre vidéo pédagogique, Kata Juji Jime Turnover, de la chaîne Welcome Mat de Steve Scott, est décrite par son éditeur comme une façon d’ouvrir l’adversaire pour un retournement vers l’étranglement et une immobilisation ; nous la citons uniquement d’après cette description.
03 / QUAND L’APPLIQUER
Face à uke, avec un col assez ouvert pour une première main profonde
Les trois juji-jime commencent face à uke ; kata-juji-jime apparaît donc à d’autres moments que les étranglements par-derrière. Il vous faut trois conditions réunies : vous faites face à uke, le col de uke n’est pas verrouillé par le menton ou les mains, et la première main peut aller profond avant que uke ne réagisse. Vérifiez les trois avant de vous engager.
Au-dessus, à genoux à cheval sur uke
Uke sur le dos et vous à genoux à cheval sur son tronc, les revers sont ouverts devant vous et la gravité aide les avant-bras à se placer. C’est la position montrée dans la partie au sol de la vidéo du Kodokan. Le risque, c’est la base : une fois vos deux mains dans le col, aucune n’est libre pour prendre appui sur le tatami, et un pont puissant de uke peut vous faire basculer. Si vos genoux ne sont pas écartés et bas, corrigez-le avant que les mains n’entrent.
Par-dessous, uke entre vos jambes
Les titres de chapitres de la vidéo pédagogique disent que ces étranglements se font en général depuis le dessous. Quand uke est à genoux entre vos jambes et se penche vers vous, les deux revers pendent vers vous. Ce sont vos jambes, et non vos mains, qui doivent empêcher uke de se redresser ou de passer ; si vos jambes sont ouvertes, uke se redresse simplement loin des avant-bras croisés. Considérez le contrôle des jambes comme une partie de la technique, pas comme un supplément.
Uke à genoux ou en boule devant vous
Si uke est à quatre pattes face à vous, les revers les plus proches peuvent être à portée, mais le cou est souvent protégé par le menton. La première main peut parfois glisser à l’intérieur par l’avant pendant que uke s’occupe de vos jambes ou de vos bras. Sans moyen de retourner uke ou de l’empêcher de reculer, c’est généralement une saisie à garder, pas un étranglement à terminer.
Quand il n’est pas disponible
Si uke vous tourne le dos, le groupe des juji-jime n’est pas la bonne famille ; regardez plutôt okuri-eri-jime ou hadaka-jime. Si le menton de uke est plaqué sur le col et que ses deux mains protègent les revers, forcer l’entrée de la première main fait glisser le tissu sur la mâchoire. Si votre catégorie n’autorise pas les étranglements, ne travaillez que la saisie et les immobilisations.
04 / COMMENT ÇA MARCHE
Une main profonde paume vers le haut, une main paume vers le bas, puis fermer
Les étapes ci-dessous décrivent la saisie de l’IJF depuis le dessus, à genoux à cheval. Depuis le dessous, les mains font le même travail, mais vos jambes remplacent vos genoux comme base et l’angle de vos avant-bras change. Validez chaque vérification avant de passer à la suite.
Installer la base avant les mains
Mettez-vous à genoux à cheval sur le tronc de uke, les genoux écartés et le poids bas, assis vers les hanches de uke plutôt que haut sur la poitrine. Vos deux mains seront bientôt dans le col et ne pourront pas vous aider à garder l’équilibre. À vérifier : faites faire à uke un pont doux avant toute saisie ; si vous basculez en avant sur les mains, la base n’est pas prête.
La main gauche en premier, doigts à l’intérieur, paume vers le haut
Votre main gauche va de l’autre côté vers le revers gauche de uke et entre par les doigts, si bien que la paume est tournée vers le haut, vers vous. Faites-la glisser haut et profond autour du côté du cou ; dans le plan rapproché du Kodokan, la première main va bien loin autour du côté du cou avant que quoi que ce soit d’autre ne se passe. Plus cette main va profond, moins il reste de travail à la seconde. À vérifier : demandez à uke où se trouve le bout de vos doigts. Des doigts encore à l’avant du col signifient que la main est trop superficielle.
La main droite croise, pouce à l’intérieur, paume vers le bas
Votre main droite croise vers le revers droit de uke et entre pouce en premier, si bien que la paume est tournée vers le bas. Vos avant-bras forment maintenant un X devant la gorge de uke, le poignet gauche tourné paume vers le haut et le poignet droit paume vers le bas. Que le bras droit croise par-dessus ou par-dessous le gauche est le choix du professeur ; la liste des chapitres de la vidéo pédagogique dit que cela n’a pas d’importance. À vérifier : regardez vers le bas. Vous devriez voir une paume et un dos de main. Si vous voyez deux paumes ou deux dos de main, vous avez glissé vers gyaku- ou nami-juji-jime.
Fermer avec les avant-bras, sans soulever uke
Le texte de l’IJF s’interrompt avant de décrire l’action d’étranglement ; nous n’inventons donc ni angle ni direction. Ce que montrent les images du Kodokan, c’est le haut du corps de tori qui descend au-dessus de uke pendant que les bras se referment, la tête de tori à côté de celle de uke. Les titres de chapitres du cours ajoutent « keep your elbows bent » (garder les coudes fléchis) et « closing the blood flow, not the air flow » (fermer la circulation du sang, pas celle de l’air), ce qui désigne les côtés du cou plutôt que la trachée. Appliquez lentement et laissez votre professeur régler l’action des coudes et de la poitrine. À vérifier : uke signale une pression sur les deux côtés du cou, pas sur l’avant de la gorge, le menton ni le visage.
Ouvrir les deux mains à la tape
À une tape ou à un « stop », ouvrez les deux mains et décollez vos avant-bras du cou. Relâcher les doigts pendant que vos avant-bras appuient encore en travers de la gorge n’est pas un relâchement. Comme vos deux bras sont occupés, convenez avant chaque séquence que uke tape sur votre dos, votre jambe ou le tatami, ou dit « stop ». Si uke cesse de répondre, ouvrez les deux saisies, appelez le professeur et mettez fin à l’exercice. À vérifier : après le relâchement, les deux revers de uke sont libres et vos avant-bras sont dégagés du cou.
Les points de contrôle et les sorties qu’ils ferment : les genoux écartés et bas empêchent le pont suivi d’un renversement ; la première main profonde fait que c’est la seconde saisie, et non une longue traction, qui termine l’étranglement ; le X des avant-bras garde la pression sur les côtés du cou ; votre poitrine qui descend au-dessus de uke lui enlève l’espace dont il a besoin pour repousser vos coudes. Perdre l’un de ces contrôles ouvre une sortie précise, et c’est ainsi qu’est organisée la partie 6.
Pourquoi la saisie mixte compte : comme la main gauche est paume vers le haut et la droite paume vers le bas, les deux poignets ne se placent pas de la même façon contre le cou. Uke peut sentir les deux côtés différemment ; demandez-lui de décrire chaque côté séparément pendant des répétitions à faible pression, et laissez le professeur décider si la différence doit être corrigée. C’est une suggestion éditoriale pour obtenir un retour, pas un effet mesuré.
05 / POINTS CLÉS
Cinq vérifications pour un kata-juji-jime contrôlé
La partie 4 vérifie chaque étape avec un partenaire immobile. Les repères ci-dessous sont destinés aux séquences où uke bouge et se défend. Choisissez-en un par séquence et notez ce que vous avez vu.
La première main est profonde avant que la seconde ne bouge
À vérifier : un partenaire ou le professeur demande « où ? » au moment où votre main droite commence à bouger. Si le bout de vos doigts gauches n’est pas encore autour du côté du cou, comptez cette répétition comme trop précoce.
Une paume vers le haut, une paume vers le bas, à chaque fois
À vérifier : filmez d’en haut ou de côté et figez l’image quand les deux mains sont placées. Comptez les répétitions où la saisie était réellement celle de kata-juji-jime. Sous pression, la seconde main passe souvent à ce qui est le plus facile.
Votre base résiste à un pont, les deux mains en place
À vérifier : les deux saisies en place et sans pression, uke fait un pont avec l’intensité convenue. Vos mains ont-elles quitté le col pour prendre appui sur le tatami ? Si oui, reconstruisez la base avant d’ajouter de la pression.
La pression sur les côtés du cou uniquement
À vérifier : à chaque répétition, uke indique où se trouve la pression. Une pression sur la trachée, la mâchoire ou le visage signifie arrêter et recommencer, et cette répétition ne compte pas.
Choisir d’arrêter quand le col est fermé
À vérifier : quand le menton et les mains de uke bloquent la première main, continuez-vous à forcer ou changez-vous de plan ? La décision recherchée est de garder le contrôle, de travailler la branche du retournement de la partie 7, ou de recommencer.
06 / BLOCAGES ET CORRECTIONS
Pourquoi votre kata-juji-jime bloque-t-il ?
Trouvez quelle partie a lâché en premier. La plupart des problèmes de pression remontent à la première main ou à la base.
« Ma seconde main n’arrive pas à entrer. »
Causes possibles : uke a baissé le menton sur le revers droit ; la main de uke tient le revers droit fermé ; votre première main est entrée si peu profond que vous essayez maintenant de faire tout le travail avec la seconde ; ou votre main droite entre doigts en premier, parce que c’est le plus facile. Comment les distinguer : marquez une pause quand la main droite s’arrête. Est-elle bloquée par le menton, par la main de uke, ou par votre propre avant-bras gauche qui la gêne en croisant ? Correction : rendez d’abord la main gauche plus profonde à elle seule, puis amenez la main droite de l’autre côté, pouce en premier, haut sur le revers. Si c’est le menton qui bloque, gardez la saisie gauche et attendez que uke relève la tête plutôt que de forcer le tissu sur la mâchoire. Évaluer : sur une série de répétitions avec la même défense, comptez combien de fois la main droite entre pouce à l’intérieur sans deuxième tentative.
« Je me fais renverser dès que je me penche. »
Causes possibles : vos genoux sont serrés ou hauts sur la poitrine de uke ; votre poids repose sur vos mains plutôt que sur vos hanches ; ou vous avez commencé la seconde saisie alors que uke avait encore les hanches libres pour faire le pont. Comment les distinguer : notez de quel côté vous tombez. Du côté de votre avant-bras du dessus, ou tout droit par-dessus la tête de uke ? Un professeur qui regarde de côté peut voir si vos hanches étaient lourdes avant que les mains n’entrent. Correction : asseyez-vous plus bas et plus large avant la première saisie, et gardez la première saisie seule jusqu’à ce que le pont de uke ait été absorbé une fois ; croisez ensuite. Évaluer : le nombre de ponts convenus auxquels vous résistez, les deux saisies en place, avec le même effort de uke.
« Uke dit que c’est sur la gorge, pas sur les côtés. »
Causes possibles : le X de vos avant-bras est trop bas, sur l’avant de la gorge ; une main est superficielle, si bien que son avant-bras passe en travers de la trachée ; ou vous tirez la tête de uke vers vous. Comment les distinguer : demandez à uke quel côté ne va pas. Si c’est le côté de la main paume vers le bas, vérifiez sa profondeur ; si c’est le côté paume vers le haut, vérifiez si le poignet gauche a tourné pendant le croisement. Correction : arrêtez, ouvrez les deux mains et reconstruisez avec la première main plus profonde et plus haute. Ne « terminez » jamais en travers de la trachée ; le titre de chapitre « closing the blood flow, not the air flow » (fermer la circulation du sang, pas celle de l’air) décrit la cible visée. Évaluer : à chaque répétition, uke dit « côtés » ou « avant » ; le nombre de « avant » devrait tomber à zéro avant toute pression supplémentaire.
« Uke repousse mes coudes et les saisies glissent. »
Causes possibles : vos coudes sont écartés et hauts, ce qui donne un levier à uke ; votre poitrine est droite, ce qui laisse de l’espace entre vous ; ou les revers ont été saisis bas, si bien que le tissu glisse quand uke pousse. Comment les distinguer : regardez où sont les mains de uke. Sur vos coudes, c’est un problème d’espace ; sur vos poignets, c’est un problème de saisies superficielles. Correction : gardez les coudes fléchis et plus près du corps, comme le suggère la liste des chapitres, et descendez la poitrine avant d’ajouter de la pression pour que les bras de uke manquent de place. Demandez à votre professeur de vérifier la ligne des coudes. Évaluer : combien de fois les deux saisies résistent à une poussée convenue de uke sur les coudes.
« Ma saisie se transforme en un autre étranglement. »
Causes possibles : vous avez appris nami- ou gyaku-juji-jime en premier et votre seconde main revient par défaut à cette saisie ; ou vous changez de saisie en cours de tentative quand la première vous paraît faible. Comment les distinguer : filmez la saisie, pas le résultat. Comptez les mains paume vers le haut et paume vers le bas. Correction : pendant les exercices, annoncez la saisie à voix haute au moment où elle se fait (« doigts à gauche, pouce à droite »). Si vous changez de saisie volontairement, appelez cela un changement et notez-le comme tel (voir la partie 7). Évaluer : la proportion de répétitions filmées où la saisie mixte voulue est visible.
07 / PRÉPARATIONS ET CHANGEMENTS D’ÉTRANGLEMENT
Se servir de la réaction de uke pour choisir l’action suivante
Chaque branche indique la position de départ, la première action de tori, ce que fait uke et l’action que cette réaction rend possible. Si la condition de l’action suivante manque, recommencez plutôt que de forcer.
PREMIÈRE MAIN PROFONDE → UKE SE DÉTOURNE
Uke se détourne de la première saisie et donne le dos
Départ : au-dessus, à cheval sur uke, la main gauche profondément dans le revers gauche de uke. Première action : votre main droite passe de l’autre côté pour le revers droit. Réponse : uke se tourne sur le côté ou sur le ventre pour échapper au croisement. Action suivante : ne courez pas après le revers droit en passant sur le visage de uke. Lâchez la saisie croisée, suivez uke jusqu’à son dos et reconstruisez un étranglement par-derrière comme okuri-eri-jime, qui part d’une nouvelle saisie sous l’aisselle. Arrêt : si votre main gauche entoure encore le cou pendant que uke se tourne, lâchez d’abord ; tourner avec une main autour du cou peut le tordre.
LES DEUX MAINS PROTÈGENT LE COL → IMMOBILISATION
Uke bloque à deux mains et cesse de faire le pont
Départ : au-dessus, à cheval, votre saisie gauche en place. Première action : la main droite va chercher le revers droit. Réponse : uke saisit vos deux poignets ou ses deux revers et reste à plat pour défendre le cou. Action suivante : les bras de uke sont maintenant engagés sur le col. Gardez le contrôle et passez à une immobilisation que votre professeur enseigne depuis cette position, par exemple tate-shiho-gatame depuis la position à cheval, en lâchant le col pendant le changement. Arrêt : si les hanches de uke se libèrent pendant le changement, revenez d’abord à la base.
SAISIE PAR-DESSOUS → BLOCAGE
Par-dessous, uke se redresse hors de portée
Départ : uke entre vos jambes, votre main gauche profondément dans le revers gauche de uke. Première action : la main droite va chercher le revers droit. Réponse : uke redresse le dos et éloigne la tête. Action suivante : les chapitres de la vidéo pédagogique mentionnent « a solution to stalling » (une solution quand ça bloque) et « roll, roll, roll » (rouler, rouler, rouler) ; demandez à votre professeur ce qu’ils montrent. De votre côté, gardez la première saisie profonde comme poignée et utilisez vos jambes pour ramener uke vers le bas avant de retenter la seconde main. Arrêt : si uke se relève ou passe vos jambes, lâchez le col et reprenez votre contrôle avec les jambes ou mettez-vous à genoux.
RETOURNEMENT → ÉTRANGLEMENT OU IMMOBILISATION
Uke à quatre pattes devant vous
Départ : uke en boule, face à vous. Première action : une main glisse profondément dans le revers le plus proche. Réponse : uke essaie de reculer ou de se relever. Action suivante : un retournement enseigné par le professeur peut faire rouler uke sur le dos pendant que votre main reste dans le col, pour finir soit sur la saisie croisée depuis le dessus, soit en immobilisation. La chaîne Welcome Mat de Steve Scott publie un retournement de ce type ; apprenez le trajet avec votre professeur. Arrêt : la roulade ne doit pas être entraînée par la main autour du cou. Si le col se resserre pendant la roulade, ouvrez la main.
Notez la réaction que vous rencontrez le plus souvent. Si vos partenaires donnent régulièrement le dos, votre prochaine séance revient aux étranglements par-derrière ; s’ils protègent régulièrement à deux mains, la branche de l’immobilisation mérite plus de temps que l’étranglement.
08 / DÉFENSES ET SORTIES
Fermer le col, gêner les coudes, retrouver la base
Distinguez la prévention (pas de première main profonde), la défense (pas de pression une fois les mains en place) et la sortie (se dégager de la position). Les chapitres publiés par l’éditeur de la vidéo pédagogique mentionnent quatre sorties et une partie sur le travail de la défense ; votre professeur décide lesquelles vous apprenez en premier.
Prévention : refuser la première main
Toute la technique dépend de la première main qui va profond. Gardez le menton baissé et les coudes serrés, et allez au-devant de la première main de tori au col avant qu’elle ne glisse autour du côté du cou. Tenir vos propres revers peut la ralentir, mais ne levez pas la tête pour voir ce que fait tori : cela ouvre le col.
Défense : attaquer la main qui n’est pas encore placée
La liste des chapitres du cours note qu’en général, on attaque avec un bras à la fois. Cela donne une fenêtre à uke : tant que tori n’a qu’une main en place, uke peut contrôler la seconde main au poignet ou bloquer le second revers. Une fois les deux mains en place, une pression sur les coudes de tori est une défense courante, mais saisir les doigts ou tordre les poignets est un problème de sécurité, pas une défense.
Sortie : profiter de la base qui manque à tori
Sous la position à cheval de tori, les deux mains de tori sont dans votre col et aucune ne prend appui. C’est le moment où un pont suivi d’un renversement a le plus de chances de fonctionner. Le côté vers lequel renverser et la façon de piéger la jambe de tori sont des détails à voir avec le professeur ; tourner du mauvais côté pendant que les avant-bras serrent peut augmenter la pression. Dès que les avant-bras se referment et que vous sentez la pression monter, arrêtez de chercher à sortir et tapez.
Contre-prises et exposition
Si uke renverse tori, les deux se retrouvent dans une action confuse, les mains de tori toujours dans le col. Tori devrait lâcher plutôt que de s’accrocher pendant le renversement. Uke, désormais au-dessus, peut avoir l’occasion de chercher une immobilisation : c’est une nouvelle tâche de position, pas une raison de continuer à lutter contre l’étranglement.
09 / TRANSITIONS ENTRE IMMOBILISATIONS ET ÉTRANGLEMENTS
Arriver face à uke, et en repartir en sécurité
Kata-juji-jime vient rarement de nulle part. Il fait suite à une immobilisation, à une action confuse ou à uke qui vous attire entre ses jambes. Travaillez l’arrivée et la sortie aussi soigneusement que la saisie.
D’une immobilisation latérale à la position à cheval
Depuis yoko-shiho-gatame ou kesa-gatame, uke peut repousser vos hanches et créer de l’espace au-dessus du ventre. Si votre professeur enseigne le passage à cheval par enjambement, gardez la poitrine lourde pendant qu’un genou passe par-dessus ; ce n’est que lorsque les deux genoux sont posés et écartés que la première main devrait chercher le revers.
Quand uke vous attire entre ses jambes
Si vous vous retrouvez entre les jambes de uke, le groupe des juji-jime devient l’attaque de uke, plus la vôtre. Protégez d’abord votre col, et redressez-vous comme décrit dans la partie sur les défenses. C’est la situation que traite, du côté de uke, le chapitre du cours « kata-juji-jime as fusegi from the bottom » (kata-juji-jime comme fusegi depuis le dessous).
De l’étranglement à une immobilisation
Si uke défend bien l’étranglement mais reste à plat, lâchez le col et passez à une immobilisation. Ne gardez pas une main dans le col comme poignée pendant que vous changez de position ; il est trop facile de l’entraîner en travers du cou.
Quand uke s’échappe sur le ventre ou à genoux
Le juji-jime est terminé. Suivez uke jusqu’au dos et traitez la situation comme un nouveau problème : d’abord le contrôle du dos, puis un étranglement par-derrière, un retournement ou un nouveau départ.
Pour intégrer ces transitions à une séance, voir le guide des exercices de ne-waza et le plan d’entraînement en ne-waza.
10 / SÉQUENCES DE TRAVAIL POSITIONNEL
D’un exercice de saisie à un vrai choix en mouvement
Changez une seule variable par étape. Les nombres de répétitions et les durées de séquence sont des suggestions éditoriales à adapter avec votre professeur.
L’ordre des saisies, sans pression
Uke est allongé sur le dos ; tori est à genoux à cheval. Main gauche doigts à l’intérieur, profond ; main droite pouce à l’intérieur, en croisant ; relâchement. Uke indique où se trouve chaque main. Progressez quand uke signale, sur la plupart des répétitions, les deux mains sur les côtés du cou et que la saisie est visiblement mixte.
Pression légère et relâchement immédiat
Tori referme lentement ; uke tape tôt ; les deux mains s’ouvrent. Le professeur annonce des tapes au hasard. Ne passez pas à la suite tant que chaque relâchement n’est pas immédiat, y compris en fin de séance quand les mains sont fatiguées.
Test de la base, les deux mains en place
Saisies en place, sans pression. Uke fait un pont convenu. Tori garde la base sans prendre appui avec les mains. Cela isole la vulnérabilité créée par les deux mains dans le col.
Un vrai choix : étranglement ou immobilisation
À chaque séquence, uke choisit une défense sans la dire à tori : protéger le col, repousser les coudes ou se détourner. Tori doit choisir la branche correspondante de la partie 7. Notez ce que uke a fait et ce que tori a choisi.
Par-dessous, puis depuis une action confuse
Reprenez les étapes 1 et 2 avec uke entre les jambes de tori. Commencez ensuite depuis une immobilisation latérale dont uke sort, pour que tori doive arriver à cheval avant les saisies. Cela teste l’arrivée autant que l’étranglement.
Encadrement : les étapes 2, 4 et 5 mettent une pression sur le cou et ne se font que sous le regard d’un professeur qui voit les deux partenaires. Sans professeur présent, limitez la séance à l’étape 1, à l’étape 3 et à la branche de l’immobilisation.
11 / VIDÉOS DE COMPÉTITION
Deux pistes vidéo de l’IJF et leurs limites
Le 14 octobre 2026, la page kata-juji-jime de l’IJF recensait un athlète dans la rubrique « most used by judoka » (les judoka qui l’utilisent le plus) — Axel Clerget, France, trois combats étiquetés — et dix compétitions avec des vidéos étiquetées, la plupart avec une seule vidéo. Nous n’avons pas regardé ces vidéos, et nous n’avons vérifié ni si l’action étiquetée a marqué, ni à quel moment elle a eu lieu, ni quelles tactiques étaient en jeu.
Championnats du monde par équipes mixtes 2024 : Clerget contre Babutsidze
La sélection de l’IJF « Kata-juji-jime by Clerget Axel » mentionne Axel Clerget contre Luka Babutsidze aux Championnats du monde seniors 2024 d’Abou Dhabi, épreuve par équipes mixtes.
Championnats du monde de Bakou 2018 : Trippel contre Clerget
La même sélection mentionne Eduard Trippel contre Axel Clerget aux Championnats du monde seniors de Bakou 2018. Comme la page attribue l’action à Clerget, c’est apparemment lui qui est associé à la technique, même s’il est cité en second ; nous ne l’avons pas confirmé sur la vidéo.
Questions de visionnage pour l’une ou l’autre vidéo
- Position : l’attaquant est-il au-dessus, dessous avec celui qui se défend entre ses jambes, ou dans une action confuse ?
- La première main : jusqu’où va-t-elle avant que la seconde ne parte, et est-elle paume vers le haut ?
- La saisie : voyez-vous une paume vers le haut et une paume vers le bas ? Sinon, l’étiquette correspond peut-être à une saisie voisine ; notez « inconnu ».
- La base : que tente celui qui se défend avec les hanches pendant que les deux mains de l’attaquant sont dans le col ?
- La fin : une tape, une intervention de l’arbitre ou une interruption ? Ne notez que ce que vous pouvez voir.
Les images de combats seniors reflètent le règlement senior de cette compétition. Elles ne montrent pas ce qui est autorisé dans votre catégorie d’âge ou votre compétition.
12 / VARIANTES ET COMPARAISONS
Kata-juji-jime à côté des autres étranglements croisés
| Technique | Ce qu’il faut comparer |
|---|---|
| Kata-juji-jime | Face à face ; bras croisés ; main gauche doigts à l’intérieur du revers gauche (paume vers le haut), main droite pouce à l’intérieur du revers droit (paume vers le bas) (IJF). |
| Nami-juji-jime | Face à face ; mains croisées, les deux pouces à l’intérieur du col, donc les deux paumes vers le bas ; pression par le bord extérieur des deux mains (IJF). |
| Gyaku-juji-jime | Face à face ; les doigts des deux mains croisées à l’intérieur des revers, donc les deux paumes vers le haut (IJF). |
| Okuri-eri-jime | Par-derrière ; saisies aux revers avec un bras sous l’aisselle de uke ; ce n’est pas un étranglement croisé. |
| Hadaka-jime | Par-derrière ; aucune saisie du judogi. |
Le test rapide : regardez vos mains une fois qu’elles sont toutes les deux en place. Deux dos de main : nami-juji-jime. Deux paumes : gyaku-juji-jime. Un de chaque : kata-juji-jime. Ces noms sont des techniques officielles du Kodokan, pas des variantes de saisie d’un même étranglement ; notez donc laquelle vous avez travaillée.
Main du dessus et première main : l’avant-bras qui se trouve au-dessus et la main qui entre en premier sont des choix fonctionnels à l’intérieur de la technique. Notre convention suit l’ordre de la phrase de l’IJF ; un professeur peut préférer faire entrer d’abord la main paume vers le bas. Travaillez un seul ordre de façon régulière avant de les mélanger.
Au-dessus ou par-dessous : à cheval et par-dessous utilisent la même saisie mais des bases différentes. Au-dessus, la base, ce sont vos genoux et vos hanches ; par-dessous, ce sont vos jambes qui contrôlent la posture de uke. Traitez-les comme deux exercices et notez-les séparément.
13 / VOTRE PROCHAIN ENTRAÎNEMENT
Un seul axe : la profondeur de la première main
Si vos tentatives bloquent à la seconde saisie, c’est généralement la première main qu’il faut regarder. Utilisez ce relevé pendant une séance.
- Situation
- Uke sur le dos ; tori à genoux à cheval ; pas de pression avant l’étape 2.
- Mon axe de travail
- Le bout des doigts gauches autour du côté du cou avant que la main droite ne bouge.
- Ce que j’ai remarqué
- Où uke a-t-il senti chaque main ? La saisie était-elle mixte ? Ma base a-t-elle résisté à un pont ? Tous les relâchements ont-ils été immédiats ?
- Question pour le professeur
- « Avec ma main gauche paume vers le haut, ma main droite entre-t-elle vraiment pouce en premier, et jusqu’où mes doigts gauches devraient-ils aller autour du cou ? »
- Décision suivante
- Travailler uniquement la profondeur de la première main, travailler le test de la base, ou ajouter la branche de l’immobilisation.
Exemple fictif, pas des données mesurées : « Dix répétitions à cheval. Uke a senti mes doigts gauches autour du côté du cou sur six. Sur deux d’entre elles, ma main droite est entrée doigts en premier par erreur. Uke m’a renversé une fois quand je me suis penché. La prochaine fois : d’abord le test de la base, puis la saisie en annonçant “doigts à gauche, pouce à droite”. »
Notez-le dans le modèle de carnet d’entraînement ou dans Judo AI.
14 / SOURCES ET RELECTURE
Sources, auteur et relecture
Nom, rang et classification : liste des noms de techniques du Kodokan (liste datée du 1er avril 2017). Description de la saisie : définition de kata-juji-jime par l’IJF, consultée le 14 octobre 2026, dont la phrase publiée s’arrête à « using the actions » (en utilisant les actions) ; comparaisons avec les définitions de l’IJF pour nami-juji-jime et gyaku-juji-jime, consultées le même jour. Les vidéos sont créditées à KODOKAN et à Riki Judo Dojo ; la vidéo du Kodokan n’a été examinée que par images prélevées, et le cours de Riki Judo Dojo n’est cité qu’à travers son titre et la liste des chapitres de son éditeur.
Par Judo AI · Relecture éditoriale de la version anglaise : 14 octobre 2026 · Version française : 15 octobre 2026. Les diagnostics et les exercices sont des propositions éditoriales pour une pratique encadrée. Aucun professeur nommément identifié n’a relu cette page. Prévisualisation éditoriale en français.
Règlement : cette page n’indique pas le règlement actuel des étranglements en compétition. Avant d’utiliser un étranglement dans un combat, faites confirmer par un professeur ou un arbitre le règlement de cette compétition et de cette catégorie d’âge.
Guides de katame-waza associés : nami-juji-jime et gyaku-juji-jime (les autres étranglements croisés), okuri-eri-jime et hadaka-jime (étranglements par-derrière), tate-shiho-gatame et yoko-shiho-gatame (immobilisations).
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