01 / L’ESSENTIEL
Bras croisés, pouces à l’intérieur, paumes vers le bas
Nami-juji-jime est le premier des douze shime-waza (étranglements) de la liste des noms de techniques du Kodokan, où il s’écrit 並十字絞. Nami signifie ordinaire ou normal, juji désigne la forme du caractère 十, une croix, et jime signifie étranglement. La traduction anglaise courante est « normal cross strangle » (littéralement : étranglement croisé normal) ; l’IJF l’intitule « normal cross-handed strangle » (étranglement normal à mains croisées). La définition de l’IJF décrit la technique face à l’adversaire : vous saisissez le col avec les mains croisées, « les pouces à l’intérieur du col, de sorte que vos paumes soient tournées vers le bas », et vous exercez une pression sur les deux côtés du cou avec le bord extérieur des deux mains (traduit du texte anglais de l’IJF).
Cette phrase contient tout ce qui distingue nami-juji-jime de ses deux voisins du Kodokan. En gyaku-juji-jime, les doigts entrent à l’intérieur du col et les deux paumes sont tournées vers le haut. En kata-juji-jime, une main entre pouce à l’intérieur et l’autre doigts à l’intérieur. Nami-juji-jime est la version où les deux pouces sont à l’intérieur et les deux paumes tournées vers le bas : le dos de vos mains est donc tourné vers vous, et ce sont les tranchants de vos mains et de vos poignets, côté petit doigt, qui rencontrent les côtés du cou.
À qui s’adresse ce guide : aux judoka qui pratiquent déjà le ne-waza (travail au sol) sous encadrement et à qui un professeur a montré comment les étranglements s’appliquent et se relâchent. Un texte ne peut pas remplacer cette leçon. À chaque répétition, uke peut taper ou dire « stop », et tori ouvre aussitôt les deux mains ; la pratique ne se poursuit jamais vers la perte de connaissance. Le règlement des étranglements varie selon la catégorie d’âge, le grade et la compétition, et cette page ne vous l’indique pas.
02 / VOIR LA TECHNIQUE
La forme du Kodokan et un cours de dojo sur les étranglements croisés
Ouvrir la vidéo officielle sur YouTube si le lecteur ne s’affiche pas.
La vidéo officielle n’a pas de commentaire. Nous en avons examiné des images fixes prélevées çà et là plutôt que de la visionner en continu ; nous ne donnons donc aucun minutage. Sur les images que nous avons regardées, les deux partenaires commencent assis face à face pendant que tori place les mains au col de uke ; une phase suivante montre tori assis, uke à genoux entre ses jambes ; et la vidéo se termine avec uke sur le dos et tori à genoux au-dessus de son tronc, les deux mains au col. Autrement dit, la même saisie est montrée depuis une position assise d’apprentissage, depuis le dessous et depuis le dessus.
En regardant, suivez une main à la fois. Où la première main finit-elle sur le col : à côté de la gorge, ou en arrondi vers l’arrière de la nuque ? Combien de temps la seconde main met-elle à arriver ? Où sont les coudes de tori à la fin : rapprochés devant sa poitrine, ou écartés vers l’extérieur ? Que fait la tête de uke ? Tout ce que l’angle de la caméra ne permet pas de voir, notez-le « non visible ».
Ouvrir la vidéo sur YouTube. Référence pédagogique indépendante, distincte de la démonstration officielle.
Nous n’avons pas visionné ce cours et ne lui attribuons donc aucune consigne précise. Sa liste des chapitres publiée par l’éditeur comprend : shime-waza veut dire fermer, pas étouffer (0:00) ; fermer la circulation du sang, pas celle de l’air (0:18) ; peu importe quelle main est au-dessus (0:32) ; la cible (0:39) ; comment s’entraîner (0:44) ; garder les coudes fléchis (2:02) ; vite, c’est bien, mais c’est la précision qui décide (2:23) ; travail du fusegi (défense) (3:02) ; quatre sorties (de 3:16 à 5:24) ; en général, on attaque avec un bras à la fois (5:50) ; kata-juji-jime comme fusegi depuis le dessous (6:21) ; une solution quand ça bloque (7:05) ; ces techniques se font en général depuis le dessous (7:34) ; et rouler, rouler, rouler (8:01). Ce sont les repères de l’éditeur, pas des minutages que nous avons vérifiés.
Trois de ces titres orientent ce guide. « Closing the blood flow, not the air flow » (fermer la circulation du sang, pas celle de l’air) explique pourquoi la partie 4 dirige la pression sur les côtés du cou plutôt que sur la gorge. « Doesn’t matter which hand is on top » (peu importe quelle main est au-dessus) explique pourquoi notre convention laisse le choix de l’avant-bras du dessus à votre professeur. « People generally attack with one arm at a time » (en général, on attaque avec un bras à la fois) décrit le moment faible de tout étranglement croisé, l’intervalle entre la première et la seconde main, auquel reviennent les parties 5 à 7.
03 / QUAND L’APPLIQUER
Face à uke, avec un col dans lequel vous pouvez entrer
Nami-juji-jime s’applique face à uke. Cela suffit à le distinguer de okuri-eri-jime et de hadaka-jime, qui s’appliquent par-derrière. Avant d’aller chercher le col, vérifiez trois choses : le col de uke est assez ouvert pour que votre pouce y entre, les mains de uke ne protègent pas déjà le cou, et votre position restera stable une fois vos deux mains au col plutôt qu’au tatami.
À genoux, à cheval sur uke
Uke sur le dos, vos genoux de part et d’autre de son tronc : la gravité vous aide et le col de uke est tourné vers vous. La contrepartie, c’est que vos deux mains seront au col et que rien ne prendra appui sur le tatami ; si vos genoux sont lâches, uke peut faire le pont et vous renverser. Installez votre poids avant que la première main n’entre, pas après.
Par-dessous, uke entre vos jambes
La vidéo officielle comprend une phase où tori est assis, uke à genoux entre ses jambes, et la liste des chapitres du cours indique « these are generally done from the bottom » (ces techniques se font en général depuis le dessous). De là, vos jambes peuvent ramener le haut du corps de uke vers vous, ce qui met le col à portée et casse la posture de uke. La faiblesse est l’inverse de celle de la position à cheval : si uke se redresse bien droit, les bras tendus, le col sort de votre portée.
Uke à genoux ou assis devant vous
C’est la position d’apprentissage utilisée au début de la vidéo officielle. Elle permet aux deux partenaires de voir les saisies et c’est le bon endroit pour apprendre l’ordre des mains, mais ce n’est pas une position où l’étranglement se termine habituellement contre une résistance.
Quand il n’est pas disponible
Si uke s’est tourné sur le côté ou sur le ventre, le col est tourné vers le tatami et la saisie croisée n’a plus de sens ; passez à un étranglement par-derrière ou à une immobilisation. Si le menton de uke est fermement baissé et que ses deux mains protègent le col, forcer le pouce à entrer fait glisser le tissu sur le visage. Si la veste de uke est sortie de la ceinture et flotte, une saisie paume vers le bas glisse au lieu de se resserrer. Et si votre compétition ou votre catégorie d’âge n’autorise pas les étranglements, ne travaillez que la position.
04 / COMMENT ÇA MARCHE
Une première main profonde, une seconde main qui croise, la pression par le tranchant des mains
Les étapes ci-dessous suivent dans l’ordre la description de l’IJF. Chacune a une fonction et une vérification qu’un partenaire ou un professeur peut confirmer.
D’abord installer la position
Au-dessus, vos genoux sont près des hanches de uke et votre poids repose sur son tronc plutôt que sur vos mains. Par-dessous, vos jambes entourent la taille de uke et ramènent le haut de son corps vers votre poitrine. Aucune main ne va chercher le col avant que ce soit fait. À vérifier : avant toute saisie, uke tente un pont lent (au-dessus) ou un redressement lent (par-dessous). S’il y parvient sans que vous utilisiez les mains, la position n’est pas prête.
Main droite : pouce à l’intérieur du col droit de uke, en profondeur
Votre main droite croise devant la gorge de uke vers son côté droit. Ouvrez le col avec les doigts, glissez le pouce à l’intérieur et tournez la paume vers le bas pour que vos doigts restent à l’extérieur de la veste. Faites ensuite glisser la saisie le long du col vers l’arrière de la nuque de uke, derrière l’oreille, au lieu de vous arrêter à côté de la gorge. C’est cette profondeur qui permettra ensuite au tranchant de votre main droite d’atteindre le côté du cou. À vérifier : demandez à uke où se trouve votre pouce. « À côté de ma trachée » est trop superficiel ; « près de l’arrière de ma nuque » est l’objectif.
Main gauche : croiser vers le col gauche de uke, pouce à l’intérieur
Votre bras gauche croise votre avant-bras droit et saisit le col gauche de uke, là encore pouce à l’intérieur et paume vers le bas, aussi profondément que le tissu le permet. Vos avant-bras forment maintenant un X devant la gorge de uke. Le titre de chapitre du cours dit que peu importe quelle main est au-dessus ; ce guide place l’avant-bras gauche sur le droit, mais suivez votre professeur. À vérifier : le professeur regarde les deux pouces. Si l’un des pouces est à l’extérieur du col, ou si une paume est tournée vers le haut, vous ne travaillez plus nami-juji-jime.
La pression par le bord extérieur des deux mains
La définition de l’IJF place la pression sur les deux côtés du cou, par le bord extérieur des deux mains. Comme les deux paumes sont tournées vers le bas, ces bords sont les côtés petit doigt de vos mains et de vos poignets. Ramenez les coudes vers votre propre corps et gardez-les fléchis, comme le suggère le titre de chapitre « keep your elbows bent » (garder les coudes fléchis), pour que les deux tranchants se referment ensemble sur les côtés du cou. Au-dessus, demandez à votre professeur si votre poitrine devrait descendre pendant que les mains se referment ; par-dessous, vos jambes continuent de ramener uke vers vous. Nous ne prescrivons ni angle ni force ; faites monter la pression lentement pour que uke ait le temps de taper. À vérifier : uke signale une pression sur les deux côtés du cou, égale des deux côtés, et rien sur l’avant de la gorge ni sur la mâchoire.
Le relâchement fait partie de la technique
À une tape ou à un « stop », ouvrez les deux mains et sortez les pouces du col. Relâcher les bras en laissant les pouces enfoncés laisse encore le tissu serré autour du cou. Au-dessus, redressez-vous pour que vos avant-bras quittent le cou ; par-dessous, ouvrez les jambes pour que uke puisse s’éloigner. Si uke cesse de répondre à un moment quelconque, relâchez complètement, appelez le professeur et arrêtez l’exercice. À vérifier : après le relâchement, le col de uke pend librement des deux côtés.
Les points de contrôle et la sortie que chacun ferme : au-dessus, les genoux et le poids empêchent le pont suivi d’un renversement ; par-dessous, les jambes autour de la taille empêchent uke de se redresser hors de portée ; la première main profonde empêche uke de décrocher la saisie avant l’arrivée de la seconde ; la seconde main, en croisant, complète le X pour que la pression vienne des deux côtés à la fois. Perdre l’un de ces contrôles ouvre une sortie précise, et la partie 6 est organisée selon celui qui a lâché.
05 / POINTS CLÉS
Cinq vérifications pour un nami-juji-jime contrôlé
La partie 4 vérifie chaque étape avec un partenaire coopératif. Les repères ci-dessous sont destinés aux séquences où uke se défend. Choisissez-en un par séquence et notez ce que vous avez vu.
La première main est profonde avant que la seconde ne bouge
À vérifier : après chaque tentative, uke dit où le premier pouce a fini. Comptez les tentatives où la seconde main a bougé alors que la première était encore à côté de la gorge.
Les deux pouces à l’intérieur, les deux paumes vers le bas
À vérifier : le professeur annonce la saisie à la fin de chaque tentative. Sous pression, la seconde main entre souvent doigts en premier, parce que c’est plus facile ; la technique devient alors kata-juji-jime. Comptez combien de fois cela arrive.
La pression sur les côtés, jamais sur la trachée
À vérifier : si uke tousse, déglutit avec difficulté ou signale une pression sur l’avant de la gorge, relâchez. Cette répétition ne compte pas, et la cause est généralement la profondeur de la saisie (deuxième problème ci-dessous).
Les coudes fléchis et près du corps
À vérifier : filmez de côté. Au moment de la pression, vos coudes sont-ils fléchis et ramenés vers vous, ou vos bras se sont-ils tendus pendant que vous repoussiez uke ?
La base avant les saisies
À vérifier : au-dessus, comptez combien de fois le premier pont de uke vous déplace avant que la seconde main soit en place. Par-dessous, comptez combien de fois uke se redresse hors de portée avant que la seconde main soit en place.
06 / BLOCAGES ET CORRECTIONS
Pourquoi votre nami-juji-jime bloque-t-il ?
La plupart des blocages remontent à la première main : pas assez profonde, décrochée trop tôt, ou placée alors que la position était encore lâche. Identifiez quelle étape a mal tourné en premier.
« Ma seconde main n’arrive pas à croiser. »
Causes possibles : la première main s’est arrêtée à côté de la gorge, si bien que son avant-bras bloque l’espace dont le second bras a besoin ; la main gauche de uke protège le col gauche ; ou vous êtes trop loin et votre second bras est trop court. Comment les distinguer : marquez une pause au moment où la seconde main s’arrête. Est-elle bloquée par votre propre avant-bras, par la main de uke ou par la distance ? Correction : si c’est votre propre avant-bras, faites glisser la première main plus loin le long du col avant de bouger la seconde ; si c’est la distance, refermez d’abord la position (descendez la poitrine au-dessus, tirez avec les jambes par-dessous). Évaluer : dans le même exercice, comptez les croisements réussis sur dix.
« Uke le sent sur la gorge, pas sur les côtés. »
Causes possibles : les deux mains sont superficielles, si bien que le point de croisement de vos poignets se trouve sur l’avant de la gorge ; vos paumes se sont tournées vers le haut, si bien que ce sont les jointures, et non le tranchant des mains, qui pointent vers le cou ; ou vous appuyez vers le bas sur le cou au lieu de refermer les tranchants des mains. Comment les distinguer : demandez à uke de montrer où se trouve la pression, et regardez où vos poignets se croisent. Correction : relâchez, reprenez les deux pouces plus profondément vers l’arrière de la nuque pour éloigner le point de croisement de la gorge, et vérifiez que les deux paumes sont tournées vers le bas. Le repère de l’éditeur « closing the blood flow, not the air flow » (fermer la circulation du sang, pas celle de l’air) est l’objectif à discuter avec votre professeur. Évaluer : uke signale une pression sur les côtés, et non sur la gorge, à chacune des cinq répétitions lentes suivantes.
« Uke arrache ma première main avant que la seconde n’arrive. »
Causes possibles : la première main est superficielle et facile à décrocher ; il y a une longue pause entre les deux mains ; ou les mains de uke étaient libres d’atteindre votre poignet parce que la position ne les occupait pas. Le chapitre du cours « people generally attack with one arm at a time » (en général, on attaque avec un bras à la fois) nomme cet intervalle. Comment les distinguer : filmez et comptez, en temps (un, deux…), l’intervalle entre la première saisie et la seconde, et notez quelle main de uke a arraché la saisie. Correction : travaillez une seconde main qui suit directement la première, une fois celle-ci profonde, sans aucun ajustement entre les deux. Évaluer : combien de fois la première saisie résiste à la même tentative d’arrachage convenue.
« Je me fais renverser dès que mes deux mains sont au col. »
Causes possibles : au-dessus, vos genoux sont hauts sur la poitrine de uke et votre poids est vers l’avant, au-dessus de vos mains ; uke fait le pont vers le côté où rien ne prend appui. Comment les distinguer : le professeur regarde vos genoux et vos hanches au moment où la seconde main entre. Correction : gardez les genoux bas et les hanches lourdes sur le tronc de uke ; ne vous penchez pas tellement en avant que votre poids dépende de la saisie. Si uke fait quand même le pont, lâchez et posez une main en appui plutôt que de vous accrocher (voir la partie 8). Évaluer : le nombre de renversements sur dix tentatives, avec le même pont convenu.
« Par-dessous, uke se redresse et il ne se passe rien. »
Causes possibles : vos jambes ne ramènent pas uke vers le bas ; vos bras se sont tendus quand uke a pris appui ; ou vos saisies sont bonnes mais la tête de uke est maintenant hors de portée. Comment les distinguer : regardez vos coudes. S’ils sont tendus, la posture de uke a eu raison de vos bras. Correction : utilisez les jambes pour ramener la poitrine de uke vers le bas avant d’essayer de refermer les mains, en gardant les coudes fléchis comme le suggère le titre de chapitre. Si vous n’arrivez pas à ramener uke, gardez les saisies comme moyen de contrôle et travaillez la position. Évaluer : combien de fois vous parvenez à ramener uke à portée depuis la même posture convenue.
« Mes saisies glissent et le col se relâche. »
Causes possibles : la veste de uke est sortie de la ceinture ; votre pouce est à peine à l’intérieur du col ; ou vous tirez vers l’extérieur le long du tissu au lieu de refermer les mains. Comment les distinguer : regardez le col pendant que la pression monte. Si les revers glissent dans vos mains, c’est le tissu qui pose problème ; si vos pouces ressortent, c’est la profondeur. Correction : enfoncez davantage le pouce et concentrez-vous sur la fermeture des tranchants des mains plutôt que sur la traction du tissu. Évaluer : uke indique si la pression reste stable ou diminue pendant un compte lent jusqu’à cinq.
07 / PRÉPARATIONS ET CHANGEMENTS D’ÉTRANGLEMENT
Se servir de la défense de uke pour choisir l’action suivante
Chaque branche indique la position de départ, ce que fait tori, ce que uke fait réellement et ce que cela rend possible. Si la condition de l’action suivante manque, relâchez et recommencez.
ÉTRANGLEMENT CROISÉ → CLÉ DE BRAS
Uke repousse votre poitrine avec les bras tendus
Départ : à genoux à cheval sur uke, la main droite profondément dans le col droit de uke. Première action : la main gauche part pour croiser. Réponse : uke tend les deux bras contre votre poitrine ou vos épaules pour vous repousser. Action suivante : un bras tendu est la condition de ude-hishigi-juji-gatame ; lâchez la saisie du col avant de bouger, pour ne pas tordre le cou pendant que vous changez de position, et suivez la transition que votre professeur enseigne. Arrêt : si uke replie le bras, abandonnez la clé de bras et revenez à la position à cheval ; ne forcez pas un bras en train de se tendre.
SECONDE MAIN BLOQUÉE → KATA-JUJI-JIME
Uke ferme le col gauche contre votre pouce
Départ : main droite profonde, pouce à l’intérieur. Première action : la main gauche va chercher le col gauche de uke, pouce en premier. Réponse : la main gauche ou le menton de uke ferme ce côté, si bien que le pouce ne peut pas entrer. Action suivante : si le professeur l’a enseigné, la main gauche peut entrer doigts en premier, paume vers le haut, ce qui est la saisie de kata-juji-jime. Nommez ce changement quand vous le notez : c’est une autre technique, pas un nami-juji-jime approximatif. Arrêt : si aucune des deux entrées ne passe sans faire glisser le tissu sur le visage de uke, gardez la position et changez de plan.
MENACE D’ÉTRANGLEMENT → IMMOBILISATION
Uke défend le col à deux mains
Départ : au-dessus, première main en place. Première action : la seconde main part. Réponse : uke met les deux mains sur vos poignets et cesse de faire le pont. Action suivante : les mains de uke sont maintenant occupées par vos bras et non par sa sortie ; lâchez le col et installez une immobilisation comme tate-shiho-gatame depuis la position à cheval, ou passez sur le côté vers kesa-gatame. Arrêt : si vous lâchez le col au moment même où uke fait le pont, donnez la priorité à la base plutôt qu’à l’immobilisation.
MENACE D’ÉTRANGLEMENT → ÉTRANGLEMENT PAR-DERRIÈRE
Uke se tourne sur le côté pour protéger le cou
Départ : position à cheval, saisies en place ou en partie en place. Réponse : uke se détourne sur un côté, emmenant le col vers le tatami. Action suivante : lâchez le col, suivez uke jusqu’à son dos et commencez un étranglement par-derrière depuis sa propre première saisie : l’ordre de l’IJF pour okuri-eri-jime commence par la main gauche sous l’aisselle gauche de uke, et hadaka-jime n’a pas besoin de la veste. Arrêt : ne gardez pas la saisie croisée pendant que uke se tourne ; elle tord le col autour du cou.
Notez la branche que vous rencontrez le plus souvent. Si la plupart des partenaires défendent tôt à deux mains, la branche de l’immobilisation mérite plus de travail que l’étranglement lui-même.
08 / DÉFENSES ET SORTIES
Arrêter la première main, empêcher le croisement, reprendre la position
Distinguez la prévention (pas de première main profonde), la défense (pas de croisement une fois la première main en place) et la sortie (quitter la position qui a rendu l’étranglement possible). La liste des chapitres du cours comprend « fusegi practice » (travail du fusegi) et quatre sorties, que votre professeur peut montrer ; nous décrivons les décisions, pas les mouvements.
Prévention : garder le col fermé et le premier pouce dehors
Sous la position à cheval ou entre les jambes de tori, gardez le menton baissé et les coudes serrés pour que le col soit difficile à ouvrir. C’est contre la première main qu’il faut lutter. Un pouce qui n’atteint que le côté de la gorge peut généralement être retiré ; un pouce qui a glissé derrière l’oreille est beaucoup plus difficile à déloger.
Défense : bloquer la seconde main
Une fois qu’une main est profonde, le travail de uke est d’empêcher le X. Uke peut garder une main ou un avant-bras du côté où la seconde main doit entrer. Le chapitre du cours « doing kata-juji-jime as fusegi from the bottom » (kata-juji-jime comme fusegi depuis le dessous) suggère que uke peut aussi utiliser sa propre saisie croisée comme défense ; demandez à votre professeur comment.
Sortie : attaquer la base de tori
Au-dessus, tori a les deux mains au col et aucune au tatami. Le pont suivi d’un renversement est donc la sortie naturelle ; la direction dépend du côté où tori ne peut pas prendre appui, et le chapitre « roll, roll, roll » (rouler, rouler, rouler) suggère que le cours la travaille. Par-dessous, la sortie de uke passe par la posture : se redresser et sortir la tête de portée avant l’arrivée de la seconde main. Dès qu’une vraie pression s’exerce sur le cou, la sortie est terminée : tapez.
Contre-prises et exposition
Si uke fait le pont et renverse tori, tori se retrouve dessous avec les saisies toujours au col ; tori devrait lâcher plutôt que d’être entraîné par le cou à travers le renversement. Par-dessous, si tori ouvre les jambes pour courir après la saisie, uke peut passer les jambes et atteindre une immobilisation. Ne sortez jamais en tordant les doigts de tori ou en arrachant le pouce du col par une torsion ; dégagez au niveau du poignet.
09 / TRANSITIONS DEPUIS LES IMMOBILISATIONS ET RETOURNEMENTS
Arriver face à uke avec le col disponible
Nami-juji-jime vient généralement après autre chose : une immobilisation, un retournement ou une projection qui a laissé uke sur le dos. Travaillez l’arrivée autant que la saisie.
D’une immobilisation à la position à cheval
Depuis une immobilisation latérale comme yoko-shiho-gatame ou kesa-gatame, uke pousse souvent pour faire de l’espace. Si vous passez à cheval, installez les genoux avant que la première main n’entre. Votre première main peut entrer pendant que uke est encore en train de s’adapter à la nouvelle position.
De la position à cheval vers tate-shiho-gatame, et retour
La position à cheval et tate-shiho-gatame partagent la même position de uke. Si le col est fermé, immobilisez ; si uke ouvre le col en poussant, la première main a un passage. Alterner menace et immobilisation oblige uke à défendre deux choses.
Par-dessous, après une projection ou un renversement
Si vous atterrissez sur le dos avec uke entre vos jambes, refermez les jambes et ramenez uke vers le bas avant d’aller chercher le col. Une saisie prise pendant que uke est encore droit vous tire vers uke au lieu de tirer uke vers vous.
Quand uke sort sur le côté ou sur le ventre
L’étranglement croisé est terminé. Lâchez le col, puis suivez uke jusqu’au dos ou vers une immobilisation. Pour structurer une séance, voir le guide des exercices de ne-waza et le plan d’entraînement en ne-waza.
10 / SÉQUENCES DE TRAVAIL POSITIONNEL
D’un exercice de saisie assis à une séquence libre en position à cheval
Changez une seule variable par étape. Les durées et les nombres de répétitions sont des suggestions éditoriales à adapter avec votre professeur.
L’ordre des saisies, assis face à face
Comme au début de la vidéo officielle : pouce droit profondément dans le col droit de uke, pouce gauche dans le col gauche de uke, sans pression. Uke indique où se trouve chaque pouce. Progressez quand uke signale, sur la plupart des répétitions, les deux pouces vers l’arrière de la nuque.
Pression légère et relâchement immédiat
Tori referme lentement les tranchants des mains ; uke tape tôt ; tori ouvre les deux mains et retire les pouces. Le professeur annonce des tapes au hasard. Ne progressez pas tant que chaque relâchement n’est pas immédiat et tant que uke signale encore une pression sur la gorge.
La seconde main contre un arrachage
Uke a droit à une tentative pour décrocher la première main. La tâche de tori est d’enfoncer la première main assez profondément pour qu’elle résiste, puis d’amener la seconde main juste après.
Séquence à cheval avec pont
Uke commence sous la position à cheval et peut faire le pont avec un effort convenu. Notez les résultats séparément : saisies complètes, renversé, uke a défendu, uke a tapé.
Séquence par-dessous avec redressement
Tori commence dessous, uke entre ses jambes ; uke peut se redresser. Tori doit ramener uke à portée avant de saisir. Cette étape teste l’utilisation depuis le dessous que mentionnent les titres de chapitres du cours.
Encadrement : toute étape avec une pression sur le cou demande un professeur capable de voir les deux partenaires. Sans professeur, restez à l’étape 1 et à des séquences de travail positionnel sans étranglement.
11 / VIDÉOS DE COMPÉTITION
Une piste vidéo de l’IJF et ses limites
Le 14 octobre 2026, la page nami-juji-jime de l’IJF affichait une seule vidéo de compétition sous l’étiquette de la technique, et son encadré « most used by judoka » (les judoka qui l’utilisent le plus) n’affichait aucune vidéo. Cette rareté est en soi une information : dans la vidéothèque de l’IJF, cette étiquette est rare par rapport aux étranglements par-derrière. Nous n’avons pas cherché d’autres exemples dans d’autres bases de données.
Grand Prix de Tbilissi 2018 : Margiev contre Ahmadov
La sélection nami-juji-jime de l’IJF pour le Grand Prix de Tbilissi 2018 mentionne Merab Margiev et Sanan Ahmadov. La sélection n’indique que l’affiche du combat et l’étiquette. Nous n’avons vérifié ni qui a appliqué la technique, ni si elle a marqué, ni à quel moment, ni comment la position est apparue, et nous n’avons pas regardé la vidéo.
Questions de visionnage pour la vidéo
- Position : l’attaquant est-il au-dessus, dessous, ou quelque part entre les deux ?
- La première main : voyez-vous une saisie pouce à l’intérieur, et jusqu’où va-t-elle le long du col ?
- La seconde main : entre-t-elle pouce en premier (nami-juji-jime) ou doigts en premier (ce qui serait kata-juji-jime) ? Les étiquettes peuvent être fausses : vérifiez.
- La défense de uke : celui qui se défend attaque-t-il la première main, bloque-t-il la seconde ou attaque-t-il la base de l’attaquant ?
- La fin : une tape, une intervention de l’arbitre ou une interruption ? Ne notez que ce que vous pouvez voir et marquez le reste comme inconnu.
Les images de combats seniors reflètent le règlement senior de cette compétition. Elles ne vous disent pas ce qui est autorisé dans votre catégorie d’âge ou votre compétition.
12 / VARIANTES ET COMPARAISONS
Nami-juji-jime à côté des autres étranglements croisés
| Technique | Orientation des mains (IJF) | Ce qui change pour vous |
|---|---|---|
| Nami-juji-jime | Les deux pouces à l’intérieur, les deux paumes vers le bas ; pression par le bord extérieur des deux mains. | Les tranchants côté petit doigt sont la surface de pression ; les coudes se ramènent vers votre corps. |
| Gyaku-juji-jime | Les doigts des deux mains à l’intérieur, les deux paumes vers le haut. | Les paumes sont tournées vers vous et les jointures se placent à l’intérieur du col ; la saisie se sent différemment à l’entrée et la surface de pression change. |
| Kata-juji-jime | Bras croisés ; main gauche doigts à l’intérieur du revers gauche, main droite pouce à l’intérieur du revers droit. | Une main de chaque type. Si votre seconde main entre doigts en premier, vous êtes passé à cette technique. |
| Okuri-eri-jime | Par-derrière ; trois saisies aux revers avec un changement de main. | Contrôle du dos au lieu d’être face à face ; ce n’est pas un étranglement croisé. |
| Hadaka-jime | Par-derrière ; aucune saisie du judogi. | Pas besoin du col ; utile quand la veste est ouverte. |
Officiel ou informel : nami-, gyaku- et kata-juji-jime sont trois noms distincts du Kodokan, pas trois styles d’une même technique. Des noms informels comme « cross choke » ou « collar choke » (noms anglais) recouvrent souvent les trois ; demandez donc de quelle orientation des mains parle un professeur ou une vidéo avant de la reproduire.
Variantes fonctionnelles à l’intérieur de nami-juji-jime : l’avant-bras qui se trouve au-dessus, la distance parcourue par chaque pouce le long du col et le fait de l’appliquer au-dessus ou par-dessous sont des choix pédagogiques qui laissent la technique inchangée. Travaillez et notez chacun séparément, car ils changent l’endroit où l’étranglement bloque : au-dessus, il bloque généralement sur la base ; par-dessous, sur la distance.
13 / VOTRE PROCHAIN ENTRAÎNEMENT
Un seul axe : la profondeur de la première main
Si vos étranglements croisés bloquent avant l’arrivée de la seconde main, la première main en est la cause probable. Utilisez ce relevé pendant une séance.
- Situation
- Position à cheval ; uke a droit à une tentative pour décrocher la première main.
- Mon axe de travail
- Pouce droit à l’intérieur du col droit de uke, glissé vers l’arrière de la nuque avant que ma main gauche ne bouge.
- Ce que j’ai remarqué
- Où uke a-t-il dit que se trouvait mon premier pouce ? La seconde main a-t-elle croisé ? Uke a-t-il signalé une pression sur la gorge ? Tous les relâchements ont-ils été immédiats ?
- Question pour le professeur
- « Ma première main est-elle assez profonde, et quel avant-bras devrait être au-dessus dans mon cas ? »
- Décision suivante
- Rester sur l’exercice de saisie, ajouter le pont, ou travailler la branche de l’immobilisation.
Exemple fictif, pas des données mesurées : « Dix départs à cheval. Le premier pouce est arrivé derrière l’oreille sur quatre. Sur les six saisies superficielles, uke en a arraché cinq. La prochaine fois : exercice de saisie assis pour la profondeur, puis position à cheval avec un arrachage autorisé. »
Notez-le dans le modèle de carnet d’entraînement ou dans Judo AI, et précisez si la seconde main est entrée pouce en premier ou doigts en premier.
14 / SOURCES ET RELECTURE
Sources, auteur et relecture
- Kodokan : liste des noms de techniques de judo (liste datée du 1er avril 2017) — nom, kanji et rang de premier shime-waza.
- IJF : définition de nami-juji-jime et vidéothèque technique — orientation des mains et surface de pression citées dans la partie 1 ; nombre de vidéos de compétition ; consultée le 14 octobre 2026.
- IJF : Gyaku-juji-jime et IJF : Kata-juji-jime — orientations des mains utilisées dans le tableau comparatif.
- KODOKAN : 並十字絞 / Nami-juji-jime — identité, éditeur et durée vérifiés ; images fixes prélevées, vidéo non visionnée en continu.
- Riki Judo Dojo : Nami-Juji-Jime, Kata-Juji-Jime, And Gyaku-Juji-Jime Tips — identité et liste des chapitres de l’éditeur uniquement ; vidéo non visionnée.
- Sélection vidéo de l’IJF : Grand Prix de Tbilissi 2018 — compétition, affiche et étiquette uniquement.
Par Judo AI · Relecture éditoriale de la version anglaise : 14 octobre 2026 · Version française : 15 octobre 2026. Les diagnostics, les branches et les exercices sont des propositions éditoriales pour une pratique encadrée, pas un programme validé. Aucun professeur nommément identifié n’a relu cette page. Prévisualisation éditoriale en français.
Règlement : cette page n’indique pas le règlement actuel des étranglements en compétition. Le règlement diffère entre les compétitions de l’IJF et les compétitions nationales ou de jeunes ; avant d’utiliser un étranglement dans un combat, un professeur ou un arbitre devrait confirmer le règlement de cette compétition, de cette catégorie d’âge et de ce grade.
Non vérifié : la direction exacte des coudes et de la poitrine dans la démonstration du Kodokan, les consignes données pendant le cours, et tout ce qui concerne le combat recensé au-delà de sa mention dans la sélection.
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